04.11.2007
Etat d'esprit
Oui, c’est exact : encore un otracosa…bis…non pas un blog-récit de voyage et d’une aventure mais un blog – récit de réflexions d’un européen sur son quotidien, sa culture,… Apres tout après avoir questionné l’ « autre », il est bon de se questionner « soi », non ?
02:31
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Notions d'échanges
Vivre l’expérience Africaine à chaud, sur le terrain est une chose…. Mais il y a également une nécessité de recul, d’apprivoisement culturel… et cela nécessite du temps…
02:27
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Un an après…

Photo 1 - Publiée à l'occasion d'un reportage D'Amnesty Internationnal sur la situation toujours très préoccupante- dans l'est de la RDC en été 2007. Photo de Cédric Gerbehaye . Un camps de déplacés, dans le Nord Kivu, fuyant les combats.
Ma rencontre avec le pays à la terre rouge remonte maintenant à quelque douze mois….

Photo : Cédric Gerbehaye, dans "Liberté", publication d'Amnesty International. Un enfant soldat. Juillet 2007. Malgré le processus de démobilisation, un nombre important d'enfants soldats sont encore intégrés dans la milice en brousse.
Des contacts :
Au retour, ma liste de courriels était bien longue... Elle s'est très vite « épurée » car beaucoup de coordonnées étaient erronées ou les comptes emails désactivés (utilisation trop rare)... soit...
A ce jour, le nombre de correspondants avoisine la vingtaine, depuis les contacts les plus conventionnels (noël, nouvel an,..) jusqu' aux quelques contacts plus soutenus...Je m'étais bien sûr engagé à ne pas « oublier » mes interlocuteurs et espérais ainsi pouvoir continuer à découvrir la vie locale, la culture, les mœurs....en dépassant le simple échange de politesses... Il faut reconnaître qu'en majorité les échanges se sont réduits à une tonalité dont on pourrait croire qu'il s'agit de clichés de relations entre Europe et Afrique ...mais il ne s'agit pas de clichés...
Voir quelques échantillons de correspondances à ce propos... dans un article tout proche..
Des passerelles :
Une autre invention de mon esprit : mettre des groupes d'ici et de là-bas en contact pour qu'eux aussi puissent découvrir la variété de l'échange...des étudiants... des handicapés... On peut appeler cela « jumelage » ...
J'avais tenu à poursuivre mes petites actions en toute indépendance, hors du circuit ONG, à la bonne franquette. L'idée est belle mais inopérante. Dur en effet d'agir individuellement... Fastidieux de sensibiliser ses proches sur une éventualité-nécessité d'aide, sur la réalité de là-bas... Désappointant de chercher à rencontrer les officiels à qui exposer un projet... le quotidien des gens d'ici constitue une cuirasse dure à percer... et là j'ai l'impression d'avoir en main un vilebrequin ficherprice...
Toutefois, à ce jour, il y a en principe concrétisation d'un échange entre le Théâtre du Plantin et un groupe d'adultes handicapés de Kikwit au travers d'échanges d'émissions de radio. Croisons les doigts... et nous entendrons des réalisations communes... C'est déjà ça... Plus d'informations dès que possible...
Des traces :
La maîtrise de l'image m'est maintenant acquise depuis quelques années.... Au cours du périple, de nombreuses images ont donc pu être mises en boîte (presque parfois volée vue les réticences de la population à être filmée) et quelques séquences ont pu être montées, surtout destinées à l'appui des projets de jumelages. Quelques extraits seront diffusés via cet outil. Il faut juste encore découvrir le modus opératoire pour la vidéo sur blog.J'ai eu également l'occasion d'envoyer quantité de photos des villageois de Djuma que j'avais photographié. On m'a rapporté leur grande joie...
Finalement, ce blog qui constitue aussi une trace, n'est pas complètement figé... Il semble encore y avoir des lecteurs et -beaucoup moins assidûment certes- je parviens encore à y apporter quelques écrits/traces... Là aussi l'exercice est moins évident que l'on ne pourrait croire...
Enfin quelques mots sur les projets d'Henry, mon hôte de l'époque....Henry reste bien sûr d'une grande perspicacité.... Il y a un an, son projet de sensibilisation à la drépanocytose démarrait à peine... et maintenant, les habitants de Kikwit se rendent en nombre dans les points de dépistage... Henry, malgré un compteur déjà bien rempli, reste toujours aussi vif. Toujours aussi prompt à courir d'un point à l'autre, d'un besoin à l'autre, d'un partenaire financier à l'autre... C'est une excellente chose pour la communauté d'ailleurs...
Nous continuons bien sûr à correspondre. Toujours en style télégraphique. Faut aller vite. Tant de choses à faire. Il me fait parvenir les images qu'il filme (avec un certain talent d'ailleurs) ainsi que photos et témoignages... Je ne suis pas sûr qu'il aie eu le temps de lire le blog que je lui ai conçu mais pour les curieux, voir http://cdhkikwit.skynetblogs.be/
00:52
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16.08.2007
Retour ? Vacances ? Départ ?
Juillet 2007, la vie publique est ralentie un peu partout.... La vie privée aussi probablement... Malgrés tout quelques contacts subsistent avec quelques connaissances congolaises... les actions sont actuellement maigres mais la pensée est nourrie...
D'ici quelques semaines, le fil qui relie ce qu'on appelle communément le Nord au Sud poursuivra son déroulement....
Les prolongements de cette aventure en RDC seront ici relatés... mais aussi les développements d'un parcours personnel qui dépasse cette relation avec la RDC .. Otracosa sera (tentera d'être) aussi un regard décentré sur la vie publique, l'actualité (mais attentions sans racollages façon "massmédia") bref, une tentative d'extirper cet autre chose....
Patience donc...
En attendant, sans pour autant rester exclusif, quelques nouvelles de RDC: Les choses bougents.... des changements s'opérent à Kinshasa, des feux rouges apparaissent aux carrefour.. Pour mieux cadrer la transgression ? Au moins il est maintenant possible de transgresser, brûler un feu rouge puisqu' il y en a.... c'est déjà un début.. mais ne soyons pas mauvaise langue...
Pointons "juste" une tragédie qui perdure dans une relative indifférence générale.. cela se passe à l'Est de la RDC, maintenant...depuis longtemps... et pour longtemps ?
JFC
Sources du document ci après: Le monde, Congoforum, ONU
Une experte des Nations Unies s'est rendue du 16 au 27 Juillet 2007 en visite officielle en République démocratique du Congo (RDC), à l'invitation du gouvernement. Outre Kinshasa, elle a visité l'Ituri et les provinces du Sud-Kivu et de l'Équateur.
30 juillet 2007 - Yakin Ertürk, Rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies chargée de la question de la violence à l'égard des femmes, ses causes et ses conséquences, a dénoncé aujourd'hui les atrocités sexuelles commises en RDC, en particulier au Sud-Kivu.
« En raison de la gravité et de l'urgence de la situation dans ce domaine en RDC, ma visite a porté principalement sur la violence sexuelle, qui est courante et commise par les groupes armés non-étatiques, les Forces armées de la RDC, la Police nationale congolaise et également par des civils », explique-t-elle dans une déclaration publiée aujourd'hui à Genève.
« La violence sexuelle ne doit pas être séparée des autres formes de violence qui se manifestent dans la famille et la communauté et qui sont, encore aujourd'hui, considérées comme normales par une grande partie de la société congolaise » a plaidé l'Experte.
En premier lieu, souligne-t-elle, l'Assemblée nationale peut jouer un rôle clé en menant à bien des reformes juridiques évidentes. Par exemple, le Code de la famille place concrètement la femme sous la tutelle de son mari comme si elle était mineure. Alors que la Constitution prévoit la parité entre les sexes, une loi sur la parité mettant en oeuvre l'article 14 de la Constitution n'a pas encore été adoptée.
D'autre part, nombre des victimes de viol deviennent victimes une deuxième fois quand elles sont rejetées par leur propre communauté, famille ou mari, à cause de la stigmatisation attachée au viol, alors que les violeurs jouissent de l'impunité.
Par exemple, le sort réservé aux bébés issus de ces viols est une préoccupation grave qui n'a jamais donné lieu à une réaction appropriée.
Yakin Ertürk a fait part des atrocités qui lui ont été rapportées au Sud-Kivu.
« D'emblée, j'attire l'attention sur la situation alarmante dans la province du Sud-Kivu qui nécessite une action immédiate. Dans le cadre de mon mandat, qui concerne la violence contre les femmes, la situation dans les deux Kivus est la pire des crises que j'ai rencontrées jusqu'ici », a-t-elle insisté.
« La Synergie provinciale du Sud-Kivu sur la violence sexuelle, organe qui rassemble des représentants du gouvernement, des Nations Unies et de la société civile, a déjà enregistré 4.500 cas de violence sexuelle au cours de six premiers mois de l'année. Le nombre réel de cas est sans aucun doute beaucoup plus élevé: la plupart des victimes vivent dans des régions inaccessibles, ont peur de porter plainte ou n'ont pas survécu à la violence ».
« La plupart des cas de violence sexuelle au Sud-Kivu, d'après nos informations, sont perpétrés par des groupes armés non étatiques étrangers. Certains de leurs membres semblent avoir été impliqués dans le génocide rwandais et avoir fui ensuite vers la RDC. Opérant dans la forêt, ces groupes armés attaquent les communautés locales, pillent, violent, emmènent les femmes et les filles comme esclaves sexuelles et les soumettent au travail forcé ».
« Les atrocités perpétrées par ces groupes armés sont d'une brutalité inimaginable, qui va bien au-delà du viol. Le viol et l'esclavage sexuel sont au c?ur de ces atrocités qui visent la destruction physique et psychologique complète des femmes, avec toutes les conséquences que cela entraîne pour l'ensemble de la société ».
« À de nombreux égards, ces atrocités rappellent celles commises par l'Interahamwe pendant le génocide rwandais. Les femmes sont soumises à des viols collectifs brutaux, souvent devant leur propre famille ou leur communauté tout entière. Dans de nombreux cas, les hommes de la famille sont contraints, sous la menace d'une arme, de violer leur propre fille, leur mère ou leur soeur ».
« Après le viol, il est fréquent que les bourreaux tirent au fusil dans l'appareil génital de la femme ou qu'ils la poignardent dans cette partie de son corps. Plusieurs femmes, qui ont survécu à des mois d'esclavage, m'ont raconté que leurs tortionnaires les avaient forcées à manger les excréments ou la chair des membres de leur famille assassinés », a dit Yakin Ertürk.
Cette dernière a aussi fait de part de sa visite à l'hôpital de Panzi, une institution spécialisée à Bukavu (Sud-Kivu) qui reçoit chaque année près de 3.500 cas de femmes souffrant de fistules et d'autres blessures gynécologiques graves résultant de ces atrocités sexuelles.
« À l'hôpital, j'ai parlé avec une petite fille de 10 ans, qui avait été enlevée avec ses parents. Elle a dû subir une opération d'urgence, après que les tortionnaires aient brutalement enfoncé un bâton dans ses organes génitaux », a-t-elle rapporté.
Jusqu'à ce jour, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) se sont montrées incapables de mettre fin aux atrocités dans le Sud-Kivu, qui sont massivement commises depuis plusieurs années, a-t-elle dénoncé.
Après la Mission de l'Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH), la Rapporteuse spéciale chargée de la question de la violence à l'égard des femmes a dénoncé à son tour les violences commises par les Forces armées de la RDC (FARDC), la Police nationale congolaise (PNC) et les autres forces de sécurité de l'État, qui continuent de commettre des actes de violence sexuelle (dépêche du 27.07.2007).
Au Sud-Kivu et en Ituri, alors que les groupes armés non-étatiques restent les acteurs principaux de la violence sexuelle, près de 20% de tous les cas de violence sexuelle, d'après les rapports dont nous disposons, sont commis par les FARDC et la PNC, a-t-elle rappelé.
« D'après nos informations, certaines unités des FARDC prennent délibérément comme cible les communautés civiles qui sont soupçonnées d'appuyer les milices et pillent, violent massivement et dans certains cas tuent des civils. Des soldats ou des policiers, individuellement, commettent eux aussi de tels actes, se considérant au-dessus de la loi ».
14:49
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20.12.2006
Des jumelles et des jumelages...
Propositions à Marinette et à tous les candidats à l'échange...
Alors voilà Noël qui arrive avec ses ren(n)es, son cortège de bonnes résolutions, son parfum de compassions, la trêve des confiseurs et les fèves de confusions….
Si le passage de l’Europe à L’Afrique provoque le tourbillon, le retour au pays nous ramène, dubitatif, à nos histrions…
Je ne sais si mon regard s’est développé depuis mais le spectacle est maintenant partout, aussi chez nous ; les tragi-comédies dans les usines, vaudevilles-pompier dans les cabinets et assemblées et la science-fiction fédéralisant et interpellant à la télévision….
C’est bon, malgré tout, d’atterrir, de retrouver son meublé, ses factures dans la boîte, ses mendiants dans la rue, ses travaux à remettre et ses réflexions dans le cortex.
Je ne sais pas précisément pourquoi partir, être parti, pourquoi « agir » là-bas. Il est parfois des nécessités qui vous surviennent instinctivement, sans vous donner d’explications.
Je ne suis évidemment pas parti pour sauver la planète et résoudre tous les problèmes (comme parfois des interlocuteurs pouvaient trop sympathiquement le penser) mais par ce déplacement j’ai au moins été témoin… et je l’espère aussi un peu acteur. Car nous avons tous un rôle à jouer, une pièce (drame ou comédie) à faire avancer.
Un bilan plus complet s’échafaudera assurément avec le temps mais à ce jour, quelques pistes de « travail » peuvent être dégagées, de quoi paver la route à venir et se dire aussi qu’une fois de plus, le sentier parcouru en quelques semaines fut dense…
1.Sur le plan personnel.
Un tel voyage, démarche volontaire qui n’a donc rien à voir avec du tourisme -au cas où les lecteurs arrivant en cours de route se méprendraient-, s’il n’a pas permis de saisir en si peu de temps toutes les arcanes et les finesses des rapports entre les hommes, les peuples et les époques, est riche d’enseignements. Les réalités du terrain, bien qu’éloignées des nôtres, sont bien plus explicites que les pavés d’histoire ou de géopolitique, fussent-ils produits dans les meilleurs ouvrages scientifiques.
Lire l’Afrique sur papier est une chose, « prendre des jumelles » et la vivre sur le terrain est autre…
Lapalissade : « on en sort pas tout à fait pareil »…
Je réaliserai sous peu un reportage à ce sujet...
2.Education à la santé.
Le cadre principal du séjour a permis de plonger directement dans un sujet aussi dense que l’éducation à
Cette démarche, pour être plus efficiente, sera prolongée. L’outil multimédia et mon parcours antérieur me permettront, dans un premier temps et après avoir mis à jour celui-ci (otracosa.skynetblogs.be), de réaliser et mettre en ligne un blog note présentant la CDHK, ses acteurs, son public et ses progressions.
Ce travail sera suivi (en février 2007) de la réalisation d’un reportage (DVD) de présentation, outil de visibilité bien utile lorsqu’il s’agit de solliciter les moyens nécessaires à ces actions bénéfiques.
3.Le développement.
Les rencontres se sont multiplié et, de manière fortuite et modeste, j’ai pu jouer un rôle -appelé à se prolonger d’ailleurs- dans un projet de coopération entre une ONG belge en charge d’amener de l’énergie là où elle fait défaut et des structures médicales de
3bis.J’ai également profité du passage à Kinshasa pour rencontrer Jean Kayumba Amisi, le porteur d’un projet de centre d’accueil pour handicapés, Le Céphi, dans la commune de Mont-Ngafula. Celui-ci avait étudié en Belgique et avait rencontré d’anciens collaborateurs belges (Centre Reine Fabiola et Spécial Olympics). Mais ce type de contacts nécessite également quelques nouvelles mobilisations afin d’encourager concrètement les efforts de ce fonctionnaire de l’état congolais qui, bien que sous financé, se dépense encore noblement pour les plus démunis.
4.Les Jumelages.
Cette idée a surtout germé en cours de voyage, un peu comme les autres d’ailleurs, et au fur et à mesure des rencontres avec les différents groupes et de mes questionnements à propos de l’Afrique et des questionnements de mes hôtes congolais à propos de l’Européen ou du belge. Il me semblait nécessaire, avant toute action, de développer une relation au caractère également pédagogique. Les africains et nous devons encore mieux nous connaître et dépasser chacun divers préjugés quant à l’argent, la politique, la vie, les rapports entre les gens, etc…
J’ai donc proposé à trois groupes d’envisager un jumelage avec des groupes similaires en Belgique. L’outil vidéo a aussi été mis à contribution puisque différents individus ou collectifs ont été interviewés sur des réalités et sujets divers. Les belges le seront tout autant et après une première circulation d’images, de reportages vidéo (DVD), ces groupes seront invités à se communiquer et à poursuivre leur lien par le biais d’Internet. Ma tâche ne consistera ici « qu’à » initier…

La radio est ici davantage un outil de développement que de divertissement.... Diverses réunions d'informations au projet de jumelage furent d'ailleurs annoncées par la radio. Ici, Paulin, handicapé physique, anime une émission hébdomadaire "Homme comme toi", sur l'exclusion...
Les différents jumelages étudiés (les groupes en Belgique ne sont pas encore tous contactés : expectative encore quelques temps donc) sont :
a. Le Théâtre du Plantin, constitué d’adultes ayant un handicap mental et situé à Soignies, jumelé avec un groupe d’adultes handicapés physiques à Kikwit ; l’AHPIC. Ici, le groupe belge a déjà témoigné et je rentre donc en Belgique avec les réponses et réactions des congolais et les nouvelles interventions qui permettront un nouveau type de relation épistolaire (par la vidéo).


c. Enfin, un projet de rapprochement entre l’école technique de Kikwit (l’ITPK), école dispensant un enseignement complet et accueillant 450 étudiants dans les différentes techniques (mécanique, électricité, informatique, menuiserie,…) et une école technique d’Ixelles ; l’Institut René Cartigny.
Une classe de 5e de Kikwit a produit quelques témoignages et il reste à solliciter la direction de l’école et la dynamique échevine de l’Instruction Publique à Ixelles ; Marinette De Cloedt. Peu d’arguments devraient être nécessaire pour les convaincre de l’intérêt de ces expériences pour

Une nouvelle section et promotion en électro-mécanique mise à l'honneur ce mois de novembre à l'occasion de l'inauguration d'un nouveau batiment financé par Porticus, une fondation hollandaise. les étudiants, la direction et des représentants de parents.
Il est évident que bien que concentré sur des classes et étudiants volontaires, nous insisterons pour que la dynamique soit collégiale et implique aussi le corps professoral et les directions. Une fois les contacts noués, chaque groupe sera libre de faire évoluer la communication à son gré et à son rythme.
19:46
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Culture, traditions et folklore
Extrait d'une danse pendé par un groupe d'enfants,
le 5 /12/2006,
à l'occasion de la journée internationale du handicap.
(cliquer sur l'image pour avoir le son).
De formation artistique, j'ai pu aborder par le passé, sur scène et en tant qu'interprète ou pédagogue, la pratique de plusieurs masques. Parmi ceux-ci, le masque ethnographique dont certains masques africains. Ceci sous la paire d'yeux d'un spécialiste belge en la matière; Guy Ramet (créateur, entre autre, du Centre d'Etude Masques et Mouvements) ,un praticien et pédagogue qui toute sa carrière a défendu une pratique -qui se perd- passant par la force du langage du corps et de la profondeur.
Un retour à l'originel et non à l'original, un renoncement à l'anecdote et au belles paroles..creuses...qui se déclament parfois -ou souvent- sur nos scènes...
Alors que je viens de passer plusieurs semaines dans "le berceau" j'ai oeuvré (modestement) en différents domaines mais finalement je n'aurai pas fait de théâtre, de scène ni de pédagogie artistique... Un comble...
Il faut bien dire que sur cette terre rougeâtre, le théâtre n'existe que peu en tant que tel mais, par contre, la théâtralité est présent en permanence. La communication, l'expression, la culture des gens sont par essence théâtrales....
L'aspect culturel est probablement celui que j'ai pu aborder de manière trop restreinte.
Pourtant, le poid de la tradition est palpable. A Kikwit, qui est quand même un centre urbain, mais surtout dans les villages et regroupement, les coutumes subsistent et varient selon les diverses éthnies. D'autre part la culture "moderne" se répend dans les villes également (musiques modernes, modes actuelles,....).
Le "congolais d'Afrique" concilie toute son existence, avec plus ou moins d'intensité, selon les ages et le degrés d'urbanisation notemment , entre traditions et modernité.
Il existe une ethnie Pendé (le peuple des bapendes) qui a influé plusieurs expressions artistiques dont notamment des masques aux caractères bien particuliers. A noter qu'il existe des masques de rituels qui son peu "visibles" par les étrangers. Les masques qui circulent et sont commercialisés sont des masques théâtraux, à usage spectaculaire et festif.
Divers personnages jalonnent ainsi la culture africaine, tantôt anthropomorphes, tantôt zoomorphes.

Extrait de questions d'enfants belges à un Africain,
parues dans un recueil dont on trouvera copie sur le site www.kikwitonline.com.
"100 Questions et 100 réponses pour comprendre la culture du Congo
Par Cyriac LUSILU MANIANGA " extraits:
"Voici un recueil des questions-réponses sur les cultures du Congo (RDCongo) et de l'Afrique Centrale, conçu et organisé par un Africain qui, dans sa recherche des voies et moyens d'insertion en Belgique, a rencontré des écoliers belges, qui ont exprimé leur intérêt pour l'Afrique et les Africains. Quoi de plus normal, diront certains, que des écoliers belges posent de questions sur le Congo (RDCongo) et l'Afrique ?
De notre point de vue, la démarche initiée par notre compatriote et ami dans la réussite de ce projet de publication mérite d'être, non seulement encouragé, mais soutenu. D'une part, à l'heure où le processus de mondialisation économique, politique et culturelle bat son plein, il importe de souligner le rôle moteur que devrait jouer l'encadrement de la jeunesse. Cet encadrement passe par la découverte du monde et la connaissance des cultures et coutumes des peuples qui le composent. Dès lors que la jeunesse belge s'intéresse aux pratiques culturelles africaines et particulièrement Congolaises, cet élan mérite d'être encouragé.
D'autre part, on entend dans différents milieux, notamment politiques et diplômatiques, que la Belgique devrait s'intéresser de plus près à la situation de l'Afrique, particulièrement de l'Afrique Centrale et notamment du Congo, du Rwanda et du Burundi, ses anciennes colonies. Cet intérêt ne peut pas être que momentané, au gré des aléas historiques ou des contingences politiques. Il n'est certainement pas possible de revenir à une sorte de néo-colonialisme, du reste inutile aujourd'hui, mais bien de jeter les bases d'une véritable coopération, fondée sur la connaissance des interlocuteurs que sont les différents peuples en contact. Préparer ce terrain et favoriser "la paix des coeurs" passe par la connaissance, puis la considération à accorder à autrui.
A cet titre, le recueil présenté par Mr. Cyriac Lusilu Manianga constitue un point de départ, une piste à mettre à la disposition de la jeunesse belge, des écoliers et des institutions appelées à oeuvrer pour la promotion des relations bilatérales ou multilatérales fécondes avec l'Afrique Centrale et ou la RDCongo.
(...)
Q/ Quels sont les bois utilisés pour la fabrication des masques ?
R/ Les bois les plus utilisés pour fabriquer les masques sont : le bois noir, (Wenge), (Nkamba) et autres bois leger, résistant et facile à tailler.
Q/ Utilise-t-on encore des masques actuellement au Congo ?
R/ Dans plusieurs occasions comme les fêtes populaires, les décès et les initiations "mikanda" chez plusieurs peuples du Kwilu, les masques servent encore dans les villages congolais. Chez les Yaka, les Mbala et les Pende on porte les masques lors de cérémonies religieuses traditionnelles pour invoquer les esprits des ancêtres, ceci pour des besognes très précises et lors de périodes de formation et d'initiation " mukanda " destinées aux jeunes adolescents. On porte les masques aussi à l'occasion de l'intronisation d'un chef traditionnel ou pendant les funérailles des personnalités importantes de la communauté.
Q/ Est-ce que les filles peuvent porter les masques ou danser avec ?
R/ En général, la danse des masques est pratiquée par les garcons pendant que les filles sont destinées davantage aux autres fonctions sociales. Ceci n'exclut pas qu'on trouve ici et là des femmes capables d'exécuter les rites et danses de masque. C'est le cas de celles qui ont été intronisées reine, notamment le "Mfumu Nkento" à Mbanza chez les Bangongo de Masi-Manimba dans le Kwilu.
Q/ Pourquoi porte-t-on souvent des masques lors d'un deuil au Congo ?
R/ Le masque porté pendant le deuil est un symbole de mort, mais aussi un lien de communication avec l'autre monde invisible l'au-delà . Ce masque de mort peut aussi signifier une manière d'éloigner le malheur qui frappe la communauté. Dans la communauté qui connait le décès d'un des leur, le masque de mort revêt une signification symbolique. Cette description concerne la société traditionnelle congolaise. Au contraire, en milieu urbain, le masque de mort est rarement utilisé lors de deuil. Ici, la pratique est davantage d'inspiration chrétienne, accompagnée des chants religieux.
(...)
Q/ Pourquoi fait -on les sacrifices envers les esprits ?
R/ Lorsque l'on veut remercier, implorer, exhausser le veoux des esprits, on adresse certains sacrifices aux esprits. Ces sacrifices sont sous forme d'animal (coq, chèvre, vache, etc.) dont le sang est ajouté à d'autres éléments : vin de palme, noix de cola, kaolin, tissus blanc ou rouge. Au Congo, l'on considère souvent qu'un esprit intervient dans la vie de tous les jours, en apportant aux personnes concernées bonheur et/ou malheur.
Q/ Les jeunes Congolais nés en Belgique pratiquent-ils les rites traditionnels du Congo ?
R/ Les générations nées en Belgique ont la culture belge et sont indifférentes des pratiques rituelles du Congo. Afin d'établir des répères culturels, certaines familles font des efforts de voir leurs enfants assister à certains rituels. Comme par exemple, lors de décès, de cérémonies de mariage coutumier, etc. En dehors des pratiques rituelles, les enfants congolais nés en Belgique adoptent presqu'involontairement la pratique religieuse des parents. Ils se disent chrétiens, vivent leur chrétienté au sein des églises classiques ou des groupes à l'image de ceux organisés au Congo. " Printemps 2001.


Masque de circoncision.


Un masque pendé.

08:18
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Prise d'otage. J-1 pour l'état de droit.

Quitter Kikwit...


Le port de Kinshasa. Vue sur le fleuve congo avec Brazaville, sur l'autre rive.
Ce 5 décembre, je regagne la capitale.32ème jour.
A Ndolo, deuxième aéroport de Kinshasa, tout se passe bien. Et vite. On me fait passer avant tout le monde. On m’apprend qu’une délégation belge est arrivée. Avec, entre autre, le Premier Ministre. Demain aura lieu l’investiture du Président, quelques jours plus tôt qu’annoncé précédemment. Ce sera jour férié, cela a été décrété hier. Henry qui devait arriver un jour après arrivera donc jeudi matin. Laurent, mon contact de Volens RDC est là pour me conduire à Servico, le QG des Jésuites pour le Congo. Auparavant, on passe par le bureau. En voiture, il me recommande de fermer la vitre et de bloquer la sécurité lorsque nous arrivons près des carrefours. La police rançonne souvent.
En ville, nous sommes arrêtés par une dizaine de civils non armés. Ils se placent devant la voiture. Ils se disent du ministère des transports et finissent par exhiber un ordre de mission officiel émanant de je ne sais quel bureau. Pas de badge d’identification ni d’uniforme. Ils vérifient si les véhicules ont un certificat de contrôle technique. Nous sommes à côté du ministère des transports et nos contrôleurs sont des agents de l’état congolais.
Laurent n’a pas de certificat en question. Sur les millions de voitures que compte Kinshasa, à peine la moitié sont en règle et ne pourraient rouler chez nous. Cette histoire est une arnaque. Il semblerait qu’ils soient couverts par les hautes autorités avec partage et pourcentage à la clef.
Mon chauffeur n’est pas à l’aise. On discute. Je dois dire que je mets du temps à essayer de comprendre s’il est en règle ou pas. Son permis lui est retiré et ils tentent de prendre ses clefs. Il m’expliquera par la suite qu’ils viennent de l’est du pays et sont du clan présidentiel. D’abord silencieux (après tout ne suis pas chez moi) je tente l’humour…Bah oui, c’est un grand jour demain, non ? Pourquoi faire du zèle ? Sinon, comment va ? Suis le neveu du père Henry, vous connaissez ? Je viens de Belgique…
Ca tombe complètement à plat. Je ne désarme pas.. Ils veulent que l’on rentre dans la cour pour confisquer la voiture puis au bureau pour dresser procès-verbal. Mon chauffeur s’énerve. Un peu. Je me demande pourquoi il ne palabre pas plus. Il me dira plus tard qu’il faut éviter de rentrer à l’intérieur car sinon les griefs vont se multiplier et les tarifs augmenter. Ils tentent de rentrer dans
Puis il sort discuter avec un groupe d’hommes aux prises avec un autre pigeon devant nous, une autre voiture congolaise, sans mundele devant. Laurent tente alors la carte « corde sensible ». C’est vrai quoi à la fin, on travaille pour les handicapés !. Là vous êtes en bonne santé mais un jour aussi vous pourriez être en bonne santé et avoir besoin de nous. Les racketteurs sont dubitatifs. Laurent regagne en assurance. Faisant allusion à moi : « Et puis ce n’est pas bien de bloquer un visiteur ainsi. ». Moi je suis dans la voiture avec les bagages. J’ai refermé la porte, bloqué la portière et remonté
Je me dis, mi-amusé que dans tout ça, le positif, c’est que je suis du bon côté du mur de la morgue.
Laurent revient. On le rappelle sur son portable. Il me demande de prendre note. Un numéro. Une connaissance d’une connaissance du bureau. Laurent appelle. Dix minutes plus tard, ce monsieur arrive. Dans une Mazda rouge, pourrie. Il se gare derrière nous. Il prend le chef et quelques fonctionnaires à part. Ils échangent. Grand jeu. Echange d’adresses, impossible de savoir quoi. Cela prend encore quelques minutes. Il revient vers nous, s’arrête à la vitre, échange quelques mots avec Laurent. Lui dit que cela va s’arranger. Un des fonctionnaires vient ramener le permis. La clef suivra quelques minutes plus tard. Puis les fonctionnaires poursuivent leur besogne, ailleurs.
Maintenant un poil plus détendu, il se tourne vers moi.
-Vous venez de Belgique ? Vous êtes en mission ? La Belgique a fait beaucoup pour nous.
-Euh oui, oui. Et vous que faites vous ?
- Je suis conseiller à la présidence.
-Euh, le président, le président de demain ?
-Oui oui, je suis conseiller juridique, je connais bien votre pays. Ai travaillé avec des membres de votre gouvernement. Guy Verhofstadt est bien arrivé ?
- Euh ; bah vous savez.. Euh oui, oui, je suppose….
-Je tacherai de passer vous voir à Servico avant votre retour. On discutera.
-Ah euh,oui.
-Bon allez- y, au revoir.
-Oui, oui, au revoir. La Belgique vous remercie.
La prétendue taxe de 150 dollars qu'ils réclamaient ne sera jamais perçue. Nous avons juste perdu plus d’ une heure...
06:12
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07.12.2006
Les enfants de la drépano



Ils sont si souriants... Et pourtant leur quotidien n'est pas toujours drôle... S'ils ne parviennent à financer leur traitement, c'est la crise de douleurs, voire la mort....Pour les symptômes, voir un précédent article sur le sujet.

Un couple et leur deux filles jumelles. La première, à l'avant plan est porteuse mais saine. Sa soeur jumelle, dans les bras de sa mère, est malheureusement SS et donc malade.Cette famille était arrivée ce matin là car une de ses jumelles, drépanocytaire souffrait de crises de douleurs.

Cette autre maman, toujours dans le centre drépano, attend d'être examinée et finit par s'endormir sur le banc, comme son enfant, endormi dans ses bras....


Nestor Kabondo et un de ses infirmiers. Devant son dispensaire à Kikwit. Là même ou je me suis rendu plusieurs fois. Ce fonctionnaire de l'enseignement avec qui j'ai collaboré plusieurs jours, a quatre enfants. Deux sont drépanocytaires. Papa Nestor a crée ce centre et y travaille... bénévolement évidemment. Son épouse y est infirmière. Ils se sont tournés, il y a quelques mois vers la Coordination Diocésaine des Handicapés de Kikwit qui parvient ainsi, via les donateurs (Fond Ryckmans notamment) à financer quelques soins et urgences.
Ils sont plein d'espoirs quant à l'éradication, à long terme, de la maladie à Kikwit. La prévention sera bien nécessaire. Elle va se poursuivre encore jusqu'en janvier et ensuite le dépistage (des porteurs de la tare S) démarrera en février 2007.
10:56
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Analyse politique
Analyse de Mr Jean M.Van Parys, sj. Extrait.
In Renaître. Rubrique politique et société. 31 mai 2006. Page 24.
« Des élections, et puis ?
Ceux qui auront été élus devront non seulement être compétents et désintéressés, soucieux avant tout du sort des populations ; ils devront travailler à une réforme radicale de la moralité des cadres administratifs, techniques, judiciaires, militaires. Mais qui pourra le faire, sinon des personnes qui sont elles-mêmes animées d’un haut et sincère idéal moral et social ?
Les étrangers qui étudient sérieusement et avec sympathie la situation du pays sont abasourdis : comment, dans un pays qui a de telles possibilités, la population peut-elle être aussi pauvre ? Il y a plus de possibilités dans ce pays que dans la plupart des pays du monde, même les plus riches. Y manque-t-il de techniciens, de personnes compétentes ? Il en a plus que la plupart des autres pays du Tiers Monde.
Alors comment se fait-il que le revenu moyen du congolais, qui était de 430$ par an en 1980, soit tombé à 120 $ aujourd’hui (chiffres de Samir Ghrabi, Jeune Afrique, 26 février 2006), que 80 % des congolais n’aient pas accès à une source d’eau potable, que 70 % d’entre eux soient très éloignés d’un centre de santé, que le taux de mortalité infantile soit au Congo le plus élevé du monde : 129 décès pour 1000 naissances (chiffres de la Banque Mondiale) ? »
10:26
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06.12.2006
Handicap national
29e jour. Dimanche 3/12.
Nous avons pu découvrir précédemment que le manioc constitue un aliment de base dans cette partie d’Afrique. Tout est utilisé et permet à bien des familles de ne pas mourir de faim. Mais il faut savoir que parfois, s’il est mal préparé, il peut provoquer de graves problèmes de santé. On parle de Konzo, une maladie provoquée par le rouissage (trempage) insuffisant des tubercules de manioc. Ceux-ci contiennent du cyanure de potassium, un poison violent. Si le manioc n’est pas lavé convenablement en séjournant pendant trois jours dans l’eau, il est impropre à la consommation. Et cause la maladie. Les symptômes sont : affaiblissement de la vision, langue collée au palais, membres déformés et handicaps moteurs.
Ce dimanche trois décembre est déclaré journée internationale des handicapés. Une journée pour faire la fête ici à Kikwit. Et ailleurs. Mais 365 jours pour réfléchir, soutenir et agir.
Comme nous pouvons le voir, dans ce pays, les handicaps sont nombreux, nous l’avons déjà évoqué.
Cela ne serait pas une métaphore trop forte de dire que le pays tout entier est handicapé. Mais en prenant un peu de recul, il faut également souligner qu’il subsiste de nombreuses forces et ressources peu ou mal exploitées.
Mon voyage ici, en si peu de temps, ne peut décemment prétendre apporter des solutions. Je le rappelle sans cesse à mes interlocuteurs congolais souvent très diligents.
Même déjà avoir tout compris est impossible ; le contexte culturel, le poids des traditions et le rapport des africains à l’espace et au temps nécessitent des mois, des années pour être amène de saisir tous les tenants et les aboutissants.
Avant de réfléchir à des solutions aux maux et handicaps du pays, détaillons encore, sur le plan médical qui nous occupe ici, les principales causes de handicap et le taux élevé de handicap et/ou de mortalité.
- Il y a tout d’abord l’héritage des ravages de la polio qui, bien que maintenant stabilisée, a causé bien des maux et mutilations a toute une génération.
- Les épidémies causées par la typhoïde, le paludisme. Alors que des vaccins peuvent être administrés.
- Le manque de formation du personnel accoucheur qui, dans le dénuement de dispensaires les plus reculés, donne naissance à des enfants mutilés.
- Un manque d’informations et de protections rudimentaires qui éviteraient les mises en danger causées par le SIDA et la drépanocytose.
- De nombreux handicaps (surdité, cécité,…) sont causés par le Konzo, la maladie du manioc.
- Le PPI qui est causé par le recours à toute sorte d’injections faites dans n’importe quelle partie du corps de l’enfant et ce n’importe comment.
- Sans compter les ravages de la guerre sur les plans physiques et mental.
Ces problèmes peuvent -pour la plupart- trouver des solutions; ce n’est pas qu’une question de moyens. C’est aussi une question de connaissance. Non pas qu’il y ait des gens plus bêtes que les autres, mais des gens sous-informés. Inutile de chercher les responsables ou de refaire un quelconque procès (d’intention) postcolonial. Par contre, si chacun de nous pouvait déjà débiter son « compte épargne temps », de grands progrès pourraient être réalisés.
Pas de compassions, pas de millions et pas de corruption. Mais bien de la concertation, pour ne pas « verser de l’eau dans un panier » comme ils disent ici. Du temps pour s’informer, informer l’autre, le connaître et dépasser les préjugés.
Et de l’éthique aussi. Car notre confort, objet de tant de convoitise, passe par le confort de l’autre. Surtout, je ne fais pas la morale. Je partage un point de vue. Et vous salue….

La voiture d'Henry, equipee de panneaux et circulant dans la ville pour convier au depistage.

Mais il n'y a pas que l'action Drepanocytose. Un vaste programme "sida" se developpe.Des calliquots flottent partout au vent.

Il y a malheureusement une grande part de transfusions encore non securisees.

Une pharmacie d'un des nombreux dispensaires visites.
10:13
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Retour a la capitale
Kinshasa et son agitation. Suis arrive ce mardi 5/12. "Pris en otage", avec mon partenaire volens congolais, pendant une heure, par des fonctionnaires du ministere des transports. Voulaient percevoir une taxe. 150$. On a fini par s'en sortir. Assez drole. J'y reviendrai. Demain, c'est l'investiture de Joseph Kabila. Va avoir du boulot le monsieur. La ville grouille de monde. Plusieurs delegations de divers etats sont arrivees.
Commentaires et photos bientot si on repare l'ordi.
09:43
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04.12.2006
E-assistance
Le matin, visite de l’hôpital général de Kikwit. Le médecin directeur n’est pas libre de suite. Il est en train d’opérer. En ce moment, il y a une épidémie de typhoïde qui nécessite de nombreuses interventions. A l’instant, il vient de réparer une « perforation de cloison » chez un patient. La salle des urgences, que nous visiterons plus tard, est d’ailleurs bondée de malades, sous perfusion, en attente de soins et d’une intervention. Les soins seront proches de la gratuité. De toute façon les malades ne peuvent assurer. Cette priorité accordée à la gestion de cette recrudescence ralentit toutes les autres dépenses de l’hôpital, l’entretien général et la construction d’une nouvelle annexe à la maternité. Question de priorité. Ponctuellement des soutiens extérieurs sont apportés ; Médecins sans frontières, Médecins Sans Vacances, Memisa, la Commission Européenne,…
Nous décidons donc de l’attendre au secrétariat. Il est 10h, Nous sommes là depuis 30 minutes et croisons l’administrateur général. Il cherche un secrétaire. Pas encore arrivé. Ici, manifestement, le secrétaire arrive après la direction. J’avais rencontré une autre secrétaire l’avant-veille, elle m’avait demandé, sur le ton de l’humour -à moitié sérieux quand même- si je ne voulais pas l’engager. Elle était furieuse à propos de son salaire et envisageait de démissionner. Le personnel était d’ailleurs en grève le mois passé.
Le docteur Eric Ilunga Mwatha finit par nous recevoir. Il porte la tunique verte réservée à la salle d’opération. Il commence par me présenter, sur son pc portable, des diapos présentant l’hôpital. Ce médecin est en place depuis presque deux ans. Il travaillait auparavant à Vanga, un hôpital très bien équipé. Ici, à Kikwit, l’hôpital est « très bien peu » équipé. Nous nous rendons aux urgences, au bloc opératoire, en maternité et enfin en pédiatrie. Je lui ai parlé de mes contacts avec Energy-assistance, une association belge qui, en liaison avec Médecins Sans Vacances, est venue précédemment afin de procéder à quelques réparations et équipements de systèmes électriques. Cette mission de quinze jours a eu lieu en juin dernier. Par un concours de circonstances, j’ai pu prendre connaissance du rapport de cette mission. Assez négatif le rapport et sans avenir...
Je laisse parler mon interlocuteur pour avoir son point de vue ; il est assez positif sur le travail qui a été effectué et a beaucoup d’espoir sur une prochaine visite annoncée d’Energy-assistance.
Cette situation m’interpelle ; je joue la carte de la transparence et lui fait part des retours que j’ai pu avoir. Autant ne pas être hypocrite. Les points de vue ne se ressemblent pas. Je prends acte. Je filme autant que je peux et recueille des témoignages.
Au cours de la visite, mon guide mettra l’accent sur les travaux effectués par Energy assistance. En pédiatrie et en maternité : toujours opérationnel. Il s’agit d’éclairage d’appoint. Une batterie a explosé et pour l’instant aux urgences, l’équipement ne fonctionne pas.
Le docteur mettra aussi l’accent sur les manques en radiologie ; actuellement, plus possible de faire de radiographies, le matériel est mort. Il me conseille aussi de prendre des points de vue autres que ceux de la direction. Il me fait bonne impression, me paraît intègre et compétent. Pourvu qu’il tienne. Qu’il ne soit pas muté. Qu’il instaure un sens de l’éthique. Nous prenons congé. Je développerai avec Energy assistance, en privé.
A mon retour, mini drame à la mission. Après ma dernière utilisation de l’ordinateur, celui-ci a rendu l’âme. Il faut reformater. Les pères se posent question. Ils sont un peu dépassés par l’informatique. Mais soyons positifs, cela donnera l’occasion d’en acheter un autre, à la santé plus sérieuse. En attendant, il faudra trouver une autre connexion. Mon travail de témoignage sera peut être ralenti…Cela s’appelle la fracture numérique…Et la fracture, c’est aussi question de facture…
L’après-midi, je passe à Bota Tuba, chez les sourds, car il me reste encore l’interview du responsable de l’école, en vue d’un éventuel jumelage que je me suis mis en tête de proposer à une école de sourds bruxelloise. J’ai oublié que cette école ne fonctionne pas l’après-midi. Je repasserai demain. Fin de l’après-midi à tenter de travailler un peu pour les cours. Assez difficile de se concentrer.
Après le repas du soir : la récréation. D’habitude, le mercredi, c’est un documentaire. Ce soir, Henry veut montrer à la communauté mes reportages sur le travail au Théâtre du Plantin. Je m’exécute. Les pères sont assez captivés.
Ma tendre m’annonce en même temps, par message texte, qu’elle envisage d’arrêter les études reprises après une dizaine d’années d’exercice de la profession d’artiste. Peut-on parler d’une profession ? Maintenant : infirmière, seconde année. Elle voudrait m’en parler via le net. Jusqu’alors on communiquait en direct par messagerie (messenger). Pratique. Aujourd’hui, impossible. Envoie un message sms pour proposer d’attendre mon retour. Mais que pourrais-je conseiller à mon retour ? Dommage qu’elle ne soit pas ici ; elle y trouverait entre autre, je crois, une bonne raison et l’urgence de poursuivre, de s’accrocher. Mais chacun, évidemment est maître de sa destinée.
D’autre part, faut-il tenir compte du fait qu’en Belgique et partout, on accorde plus d’importance à ce que l’on a en main plutôt qu’en tête ? C’est une réalité, pas un jugement. Mais parfois cela peut aider à prendre des décisions…Un des pères de la communauté, un hollandais, commence une crise de malaria, cela arrive de temps en temps. Comme une grippe. Il augmente le traitement médicamenteux et cela semble se gérer sereinement. Il a toujours autant d’humour. Moi : encore aucun signe malgré mes piqûres. M’en vais d’ailleurs m’enduire de crème. Efficace contre les moustiques mais peu contre les araignées. Araignée du soir : espoir….

Station service...

L'hopital général de référence de Kikwit (HGRK)

Passage en maternité et vérification du "système solaire"...
10:05
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Guerre et paix
Outre les divers maux soulevés et sans vouloir toutefois se borner à une vision pessimiste, il faut souligner que dans l’est du pays la situation de misère, de « malsanté », de malnutrition et de « malgestion » de l’état est accrue par des conflits et exactions. Depuis fort longtemps, des conflits ethniques dont –entre autres- les rivalités entre hutus rwandais et tutsis, en plus des deux guerres durant les années 90 ainsi que des mouvements rebelles minent la situation et produisent de nombreuses victimes parmi la population.
Ainsi, dans un des quotidiens nationaux (Le potentiel du mardi 21 novembre 2006) que nous recevons régulièrement à la résidence, nous pouvons lire que des exactions sont toujours commises. Malgré la présence de la Monuc.
Quelques extraits, d’un article non signé, page 5 à propos de la publication du rapport mensuel de la division des droits de l’homme de la Monuc :
« les preuves d’un viol massif commis par les FARDC ( ndlr :Forces Armées de la République Démocratique du Congo) en janvier 2006 au nord-Kivu rapportés ; de nombreux incidents liés aux élections rapportés à travers la RDC ; des éléments des FARDC et de la police ont commis des violations des droits de l’homme le jour des élections en Equateur, en Ituri et au Bas-Congo (…) ; les violations du droit à la vie et à l’intégrité physique continuent d’être commises par les soldats des FARDC. Egalement les viols continuent d’être commis par toutes les forces de sécurité ; des nouveaux cas d’arrestations arbitraires, de harcèlement et d’extorsion perpétrés par des agents de l’ ANR documentés (…) des autorités administratives continuent d’interférer dans le cours normal de la justice (…).
Les violences sexuelles continuent d’être commises régulièrement au Nord Kivu. Selon des ources locales, un seul centre médical a traité au moins 28 victimes de viols commis par les FARDC et les combattants de la FDLR (ndlr Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, rebelles hutus rwandais stationnés au Congo) en août, septembre et dans la première semaine d’octobre. Aucun de ces cas n’a été dénoncé à la police. Des exécutions sommaires, des extorsions, des pillages et des arrestations arbitraires commises par le FARDC ont été également rapportés. (…) »
MSF, présent dans le pays depuis 1981 a publié en 2002 un ouvrage d’analyse de la situation et de dizaines de témoignages de victimes. Le livre est publié aux éditions l’Harmattan ; « RDCongo. Silence on meurt. Témoignages ». Edifiant.
Nous reprenons ici un des témoignages, sans autre commentaire. Ce n’est pas du théâtre, ce n’est pas un show-réalité mais un des aspects de la réalité congolaise.
« Célestine. Sud-Kivu.
Il y a un an et demi, à Shabunda, trente Mayi-Mayi sont entrés dans ma maison. Ils voulaient me prendre mes biens. Comme j’ai dit que je n’avais rien à voler, ils ont commencé à me frapper. Puis ils ont vu que mon mari possédait du « plastic sheeting » donné par l’UNICEF. Ils nous ont accusés d’être amis des Tutsi, et ils ont battu mon mari, en lui immobilisant la tête et les pieds, deux Mayi-Mayi le frappant de chaque côté. Ils lui ont donné des coups jusqu’à ce qu’il meure.
Puis ils ont coupé l’oreille de mon mari, et ils m’ont dit de la faire griller et de la manger. J’ai refusé. Alors ils m’ont dit que j’étais orgueilleuse, et ils m’ont violée, tous autant qu’ils étaient. Ils ont ensuite sorti le foie de mon mari et l’ont mangé, devant moi. Ils lui ont aussi coupé une jambe. Puis ils ont fini par abandonner la maison.
Aujourd’hui encore, je souffre des douleurs du viol. A cause de cette histoire, ma famille me rejette. Je n’ai pas de ressources, pas assez à manger, presque pas d’argent. Mes enfants souffrent de malnutrition. Ils sont en ce moment en traitement au centre nutritionnel de Shabunda. »
Une question parmi tant d’autres me trotte dans la tête :
Que se passera-t-il quand le sujet, jugé moins accrocheur par les médias internationaux, ne sera plus au centre des attentions ? Qu’adviendra-t-il lorsque les forces dites d’interpositions telles que la Monuc ou l’Eufor se retireront ?

09:49
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30.11.2006
RDC- Fiche technique
Fiche technique de la RDC :
Source : Petit fûté. Rép. Démocratique du Congo. 1e édition, 2006-2007.
NDLR : Très bon ouvrage. à recommander. Bien que l’on doute beaucoup que le tourisme décolle rapidement.
Devise nationale : « Paix, justice, travail. »
Capitale : Kinshasa.
Superficie : 2 345 410 km² soit 4 fois la France ou 77 fois la Belgique.
Point culminant : pic Marguerite (5109 m).
Monnaie :
Le franc congolais. Supplanté par le dollar. 1$ = 529 FC. 1€ = 678 FC (cours 14/11/06)
Population grandes villes (chiffres de 91):
Kinshasa : 5 à 6 millions d’habitants
Lubumbashi : 744000 habitants
Kisangani : 338 000 habitants
Kikwit : 170 000 habitants
Kikwit (en 2005) : 500 000 habitants
Bandundu : 68 000 habitants
Population totale (estimation 2006) : 52,771 millions d’habitants.
Densité moyenne : 21,8 hab./km²
Populations de – de 15ans : 46,8 %
Espérance de vie : 45,3 ans
Mortalité infantile : 12,9%
Alphabétisation : 62,7%
Scolarisation : 27 %
Malnutrition : 64%
Langues officielles :
Français, langue administrative et 4 langues reconnues : Le Lingala (Kinshasa, Equateur, prov Orientale), Le kiswahili (Lubumbashi, Katanga, Kivu,..) le Kikongo (Congo, Bandundu) et le tshiluba (Kasaï).
Religions :
Par ordre d’importance : catholique, protestante, Kibanguisme et Islam.
Les religions traditionnelles en zone rurale (animisme).
Nombreuses sectes : églises du réveil,…
Les institutions de la République :
-Le président.
-Le gouvernement
-L’Assemblée nationale (500 députés)
-le Sénat (120 sénateurs)
-Les cours et tribunaux
Economie :
PIB : 74 $/hab (1991)
Dette extérieure : 1186 milliard de dollars (2003).
Exportations : 1 242 millions de dollars
Importations : 1 370 millions de dollars
Principales productions : Cuivre, cobalt, coltan, diamants, or, bois, agriculture (coton, arachide, riz, palmiers,…)
Climat :
Saison sèche (hiver tropical) : 20 à 30°C
Saison des pluies (été tropical) : 25 à 40 °C. Forte humidité.
Inversion de saisons (une partie sous et autre partie au dessus de l’Equateur)
Au Bandundu, actuellement c’est la saison des pluies.
Principales causes de mortalité et maux du pays :
Paludisme (500 000 morts par an), choléra et trypanosomiase (maladie du sommeil), sida (80% du sang transfusé n’est pas sécurisé). La lèpre est toujours présente (source OMS) ainsi que la polio et ce pour lequel il n’existe aucune reconnaissance officielle ; la drépanocytose (anémie SS).
Budget de la santé = 1 % du budget de l’état.
Budget de l’éducation : 1,9 % en 2002. (20% en 1960).
L’organisation administrative de l’ Etat :
Aujourd’hui, la RDC est subdivisée en 11 provinces (régions) dont la ville de Kinshasa qui a aussi le statut de province.
Les provinces sont subdivisées en districts, ceux-ci en territoires/zones (le pays comprend 216 zones) et les zones en collectivités/localités.
Chaque collectivité comprend des groupements (communes) qui comptent de nombreux villages.
Normalement, depuis le 12 janvier 2006, le Congo est redivisé en 25 provinces (+ Kinshasa) qui sont en fait les anciens districts mais la mesure n’est pas encore effective.
Les récentes élections ont permis d’élire le président, les membres des deux chambres et les gouverneurs provinciaux.
L’organisation de l’Eglise Catholique :
Le pays se répartit en 48 diocèses. Un diocèse peut couvrir plusieurs districts et se compose de plusieurs paroisses. A titre informatif, le territoire de la paroisse de Djuma est équivalent au triangle formé par Mons-Charleroi et la frontière française. Les paroisses sont pourvues de quelques prêtres mais surtout constituées en zones de regroupement de villages, gérées par les animateurs paroissiaux. Cette décentralisation permet à ces religieux et laïcs d’intervenir dans l’activité pastorale, éducative, sociale et médicale. La présence missionnaire s’atténue mais a toujours des effets concrets.
L’organisation coutumière, les traditions :
Assez complexe. Chaque village est sous l’autorité d’un chef coutumier entouré d’un comité de notables/sages. Lorsque le village rencontre de gros problèmes, tous les villageois sont convoqués pour palabrer.
Des chefs d’ethnies sont également intronisés et respectés comme autorités sur plusieurs villages. Plus on s’implante en ville, plus l’aspect coutumier disparaît. Les chefs coutumiers sont reconnus et financés par l’état.
Ces trois organisations/pouvoirs sont amenés à agir collégialement parfois de manière ordonnée et productive, parfois avec difficultés et contradictions.
18:58
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Les soirées
Un soir, je ne sais plus lequel.
Une fois la nuit tombée, les habitants poursuivent leurs activités. Les mamans cuisinent après une longue journée passée aux champs. Parfois on se promène, parfois on écoute la radio et plus rarement la télévision. Tout dépend de l’énergie, de la batterie. Si on est parvenu à la charger et si on a une télé/radio, évidemment. Parfois on va au bar aussi. Telle enseignante prépare ses cours du lendemain s’il y a du pétrole dans sa lampe, tel autre bricole ou tente encore de vendre arachide, savon, tissus, cigarettes …L’économie informelle.Bref, la vie ralentit dans la nuit…Souvent autour du feu allumé dehors à même le sol…
Dans les communautés religieuses, les portes sont refermées et les activités se déroulent à l’intérieur… La sentinelle est assise près de la porte, en cas de visite, et se prépare à passer la nuit. C’est sa mission. Les autres employés de la mission achèvent leurs tâches, cuisine, vaisselle, rangement,… avant de reprendre la route, longue parfois, à pied toujours, vers leur foyer…Après le repas : lectures, écritures… ou prières. Radio, télévision ou parfois simplement causerie dans le salon ou le patio. Seul ou en groupe. Tout est réglé et minuté. Pour les jésuites de Nzo Gemba, c’est souvent la télé par satellite, infos ou reportages, jusqu’à la coupure du groupe électrogène à 21h00. A l’intérieur, au salon. Parfois, discrètement un employé regarde de l’extérieur, derrière la fenêtre-moustiquaire. Pour moi, c’est internet, par satellite aussi et jusqu’au couvre feu. Cinq minutes avant neuf heures, les mêmes gestes. Deconnecter, débrancher, fermer à clef, rentrer chez soi, s’enduire de crème anti-moustique, fignoler, au son des grillons ou parfois (de cris) de bêtes dont je ne connais pas le nom. Je poursuis dans mon bureau, sur mon pc portable ou je lis ; chaque chambre a une lampe-batterie solaire. Parfois un bruit sec sur le toit. Ce n’est pas henry qui tombe cette fois, non, mais un avocat qui s’écrase. Nos chambres se trouvent sous des avocatiers. Ou plutôt les avocatiers ont grandi jusqu’au dessus des toits. Souvent il fait calme, doux et agréable. Parfois une radio braille au loin.
Ce soir là c’est l’orage qui gronde. Et pas un petit. Le ciel est lézardé.
Ce soir, pas d’internet donc. Pas de télé non plus : pas de satellite. Mais récréation (sic) avec les jésuites. En dégustant un rhum des îles, pour soigner le rhume dira Henry, nous regardons une vidéo documentaire. C’est Ushuaia, l’émission de Nicolas Hulot sur les Aborigènes d’Australie. Je me retrouve en Afrique, à regarder l’Australie. Comme à la maison. Les grillons en plus. Une belle télévision. J’en oublie presque où je suis. Me croirai revenu en Belgique à regarder les crocodiles, et les ornithorynques comme si toutes ces bêtes étaient bien loin.
J’aperçois le long du mur du salon, à l’intérieur donc, un petit rat qui cavale, il se dirige sans mot dire vers la porte. Elle est fermée. Pas grave, il passe en dessous. C’est en regardant ce rat que je redescends où je suis. A Kikwit. Un soir d’orage qui chamboule tout et tout le monde, rats compris. J’aime bien les orages, même si cela ramène tout un tas de bestioles. Il fait moins lourd. Il pleut finalement peu. La nuit est belle. Le ciel clignote. Dans un mois, c’est noël.



Apres des heures passées dans les champs, quelques kilomètres à parcourir pour rentrer en ville..

18:55
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28.11.2006
Avoir du travail (2)...
23e jour. Lundi 27/11.
Nous avons rendez-vous ce matin, à 9 h, avec les animateurs paroissiaux qui constitueront les relais d’information et de sensibilisation à la drépanocytose dans les foyers. Ces animateurs sont formés, ainsi que leurs épouses, à L’IFAK durant deux ans (spiritualité, ateliers manuels, artisanats, vie sociale, éducation à l’affectivité,....) et pris en charge par le diocèse. Par leur travail, ces animateurs complètent l’activité des prêtres. C’est une organisation efficace. De bons amplificateurs. Ils sont répartis dans toute la province, au cœur des villages et collectivités. Mis à part l’obédience, cela me fait penser au secteur de l’éducation permanente en Belgique.
Ce matin, depuis six heures, c’est la pluie permanente et abondante. Il pleuvra 45 millimètres sur la journée. De quoi paralyser la ville. Les étudiants n’iront pas aux cours. Les voitures s’ensableront et les communications sont coupées, à l’exception des portables. L’eau dégeule de partout.
Henry va d’abord voir si les participants se sont déplacés. Lui en 4X4. Les participants, en parapluie, article 11.
Ok, la réunion peut avoir lieu, ils sont là en grand nombre ; une quarantaine. Henry est content. Faut dire aussi qu’un modeste repas est offert après la réunion. Faut savoir rassembler. Y’a pas que la nourriture spirituelle.
Une voiture vient me chercher et la réunion commence, à 10h30. L’IFAK ( Institut de la Formation des Animateurs de Kikwit) se trouve à environ 1 Km de la résidence. Sommes accueillis par un chant de bienvenue.
Henry me dit :
-Voilà, je fais une introduction, puis tu te débrouilles, tu présentes la drépanocytose, tu en connais maintenant un bout sur le sujet.
- Euh, tu crois Henry ?
Effectivement, il introduit… puis disparaît… Je me débrouille. Heureusement, papa Nestor et le Docteur Paulin sont là, au cas où. Je suis assis à une grande table, devant les animateurs dont les chaises sont parfaitement alignées. On a une heure.
Faut donc aller à l’essentiel. Nous sommes dans une grande salle polyvalente. 25m sur 10m. Quatre murs en ciment et un toit en tôles ondulées. Quand il fait du soleil, c’est très chaud. Aujourd’hui il pleut abondamment. Il ne fait donc pas chaud mais, par contre, on entend rien (deux ou trois mètres), à cause de la pluie sur les tôles. Il faut gueuler. D’alignés, les animateurs finissent agglutinés. Devant la table et moi au tableau. Avec papa Nestor, le responsable de l’association de parents d’enfants Drépano.
La réunion se déroule bien, le message est reçu. Ils relaieront et se mobiliseront. « Ne pas marier deux porteur (A/S) et faire un test ». Il faudra encore mobiliser prochainement le personnel médical, les autorités administratives et les enseignants. Moins il y aura d’unions à risque, moins il y aura de drames. La drépanocytose, l’anémie SS se soigne mais elle ne se guérit pas. Autant l’éviter. Henry fera aussi appel aux protestants et diffusera même via les sectes de l’Eglise du réveil. Quand il s’agit de santé publique, toute voie de communication est pertinente. Il va foncer Henry.
Retour à Nzo Gemba pour le dîner. Au passage, Henry récupère un sac de courrier qui sort de l’avion. En le chargeant, il se cogne et s’écorche le front. Mais il a la tête dure.
L’après midi, chacun travaille de son côté. Lui à ses comptes, moi à mes cours.
Devant la fenêtre de mon bureau, il y a du passage. Des jeunes souvent qui se rendent à la bibliothèque de la mission. Parfois, lorsque je suis assis derrière mon bureau, l’un d’entre eux s’arrête, me regarde puis repart ou vient me saluer. Pour faire une causerie.
Cet après-midi, je reçois des visites en mon bureau. Jean-Gabriel. Il a 24 ans, est drépanocytaire et étudie la médecine à l’université. Je lui avais fixé rendez-vous pour l’interviewer. J’y reviendrai.
Passe également un des employés de la maison. Il frappe, ouvre la porte et me dit : J’ai froid.
Je suis en chemise et lui porte un manteau. Pour moi, après cette pluie et malgré une petite toux, il fait doux. Pour eux, il fait froid. Je le regarde, interloqué. Il referme la porte et poursuit sa route.
Il y a aussi Pierre, 27 ans qui avant de frapper timidement à la porte :
- Père blanc, bonjour !
- Entrez. (Suis pas père mais à la longue, je ne rectifie plus)
- Bonjour, je viens faire la causerie.
- Euh oui, oui, j’ai du travail mais entrez donc. Qui êtes vous ?
- Je m’appelle Pierre M.L.
- Bon ben, assieds toi deux minutes. !
- Merci. Monsieur ce n’est pas digne de demander de l’argent.
- Oh …bah, pfff…
- Monsieur, je suis diplômé infirmier et je veux juste chercher du travail. J’ai été étudiant en secondaire à l’ITPK dans une classe du père François. (ndlr : un père de la communauté).
- Ah oui mais bon, moi je ne donne pas du travail, malheureusement. Y’a peut être erreur. On peut parler, oui, mais je ne suis pas sûr de pouvoir t’aider.
- Non, on a déjà parlé de moi à Henry mais à ce moment, il n’y avait rien. Il m’avait dit de revenir voir plus tard. Il connaît bien Joseppe, de la CTB (ndlr : Coopération Technique Belge) et Joseppe connaît PENELTA, une association où je voudrais travailler.
- Le bureau d’Henry est juste à côté, passes donc le voir ce sera plus simple.
- Mais il n’est pas là… et puis il est très occupé. Vous pouvez peut être lui rappeler ?
- Bon, je lui ferai le message, pas de problèmes.
- Je vais passer demain à huit heures.
- Ah , Euh….Bon d’accord mais suis pas sûr d’avoir la réponse.
- Monsieur, vous rentrez quand en Belgique ?
- Dans quelques temps.
- Monsieur, je suis orphelin. Je ne veux pas d’argent mais si avant de partir, vous auriez des vêtements. Je n’ai pas grand-chose.
Il porte une chemise en velours côtelé beige. Noircie par je ne sais quoi. Un pantalon en toile et des nouvelles chaussures blanches. Je l’interroge sur son domicile, comment il se débrouille.
- Bon repasses me voir la semaine prochaine. Juste avant mon départ pour Kin. Je verrai ce que je peux faire.
N’avais pas encore eu ce type de demande. Cela me laisse du temps pour effectivement voir ce que je peux faire. Mais comme il a ma taille, je crois que je pourrai faire.
Je replonge dans mon travail. Je dois comparer Kant et Anna Arendt. Pour la semaine prochaine. Il est question de l’émancipation des hommes, de liberté, d’état de droit.
Je reste dubitatif un moment…….points de suspension.
Vu la pluie, suis coincé au bureau toute la soirée..
Demain mardi : visite de Lussanga annulée ( à cause de la pluie).
Mercredi : atelier théâtre avec les enfants drépano et visite de l’hôpital de Kikwit.

Une des rues de Kikwit ce lundi matin au début de la pluie...

La rue principale de Kikwit. La seule en macadam. Le taxi devant est coincé...

On se débrouille comme on peut pour recueillir l'eau de pluie et la stocker dans une citerne... Autre alternative : beaucoup de marche avec un bidon sur la tête pour aller à la source...
20:23
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Avoir du travail (1)...
22e jour.Dimanche, jour du Seigneur. Tout le monde prie et chante. Moi je ne sais pas.
Dimanche, nous avons rendu une visite de courtoisie aux sœurs Annonciades de Heverlee puis une visite de travail à un autre groupe qu’Henry assiste ; les Femmes Seules avec Jésus.
Même le dimanche, il y a -pour nous- du pain sur la planche et, on l’espère, pour eux, dans le ventre. Il s’agit d’un groupe de veuves ou de femmes abandonnées par le mari (souvent à cause d’un handicap de l’enfant, nous y reviendrons). Elles s’organisent pour survivre. Parfois bien, parfois mal. Elles occupent un terrain que les jésuites leur avaient cédé il y a quelques années. Les congrégations religieuses ont beaucoup de terrains. Les religieuses y construisent beaucoup d’ailleurs. Pour la vie religieuse et l’évangélisation. Des religieux ou religieuses blancs, il n’en reste plus beaucoup. Par contre, beaucoup de vocations chez les congolais(es). Parfois aussi de jeunes novices prennent le voile, se font financer des études en Europe pour mieux accomplir leur mission et une fois là, mettent les voiles. Mais bon, faut pas généraliser.
Revenons aux femmes seules avec Henry comme il les appelle, « parce que Jésus est pas toujours là » (sic).
Henry a récemment aidé ce groupe pour construire une clôture autour de la parcelle. Le problème que le groupe expose ce dimanche, ce sont les intrusions. Le voisinage vient parfois abuser de leur bonté, alors qu’elles ont si peu. Henry leur donne des conseils. Ne pas se laisser faire, faire valoir ses droits. Ensuite les chèvres des voisins viennent dans le champ détruire les récoltes. Henry dit : « pas de problèmes, lorsqu’il y en a, venez me chercher, on fera de bons repas avec ces chèvres et les voisins auront vite compris ». Bien sympathique ces mamans. Nous prenons congé après la traditionnelle photo.

Henry et ses mamans...
20:10
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27.11.2006
La forêt.
Au Congo, Un des soucis parmi tant d’autres, est causé par la déforestation et ses conséquences.
Le bois est une ressource naturelle majeure du pays. La forêt tropicale congolaise est la deuxième forêt du monde, après l’Amazonie.
On se sert du bois que l’on transforme en charbon, pour les usages domestiques ou en mobilier, que l’on façonne à partir de bois précieux. Des sociétés étrangères viennent couper en nombre et les habitants se servent également. A Djuma par exemple, des centaines de grands troncs de bois noir, excellent bois, sont stockés par une entreprise indienne, en attente d’exportation. Cette société a directement négocié avec la présidence mais au niveau local, aucun bénéfice, aucune taxe. Mes interlocuteurs me font comprendre que tout reste « en haut ».
Dans certaines régions, pour pouvoir rouler les troncs jusqu’à la rivière, on coupe tout sur le passage. Si c’est du bois vert, il flottera. Si c’est du bois noir et s’il n’est pas chargé sur un bac, il plongera au fond de la rivière. Plouf…
Du point de vue écologique, il n’y a aucun programme de reforestation. La nature reprendra ses droits, dans le désordre. Avec pour résultat, une aggravation de l’érosion causée par les pluies. Le lessivage des sols peut ainsi amener la destruction des habitations et rendre les terres non fertiles.
Sans compter les effets néfastes sur la faune. La mondialisation progresse. Le « tout, tout de suite » et le manque d’anticipation aussi…

L'eucalyptus, à l'entrée de notre résidence... Témoin de longue date, probablement...


Il n'y aura pas que les troncs qui auront été abattus..

Un des multiples ravins; crevasse causée par les déferlements d'eau...
19:52
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tout à loisir...

Ici, malgré le dénuement, on ne manque pas l'occasion de faire la fête. Cette maman vient d'apprendre la réussite de sa fille à l'examen d'état, en pédagogie. Ces examens, équivalent au bac, se déroulent en juin et les résultats arrivent en octobre... En cas de réussite, on renverse un pot de farine de manioc sur la tête de la maman et on chante....

Le samedi, c'est le jour du foot et de la fête.... On organise des matchs improvisés entres gosses du village ou alors parfois des équipes organisées, voires sponsorisées s'affrontent sur un terrain plus ou moins delimité.
L'autre jour, j'ai assisté à une bagarre ; le match avait été interrompu à cause de mauvais perdants... Ceux qui ne se battaient pas pourchassaient les organisateurs qui venaient de s'enfuir avec la caisse... Le plus impliqué en était quitte pour l'hopital... Mais bon, pas critiquer hein... dans certaines capitales européennes, on ne fait pas mieux apparement...
Le samedi, lorqu'il y a une fête, c'est l'occasion pour déguster un bon repas, avec de la viande cette fois...

Un ballon de foot congolais, comme on en voit beaucoup ici; un mélange de papier et de plastique, le tout bien enroulé dans de la ficelle... Et on s'amuse durant des heures...
18:57
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26.11.2006
Deux poires dans le noir...
20e jour. Vendredi 24.
Il a donc plu pas mal ce jour. Après avoir rencontré les sourds aujourd’hui et les aveugles hier, ce soir nous serons, à notre tour, aveugles et sourds.
Ce soir, je vais donc visiter Washington avec Henry. Il m’emmène, vite fait !
Juste le temps d’emmener l’appareil photo, au cas où. Celui qu’il vient d’acheter, un Sony cyber-shot DSC-F88, 5 megapixel avec une petite lampe incorporée. Et avec une batterie rechargeable. Une bête quoi ! La seconde paire de piles de mon appareil a rendu l’âme depuis bien longtemps. Et comme ici, les piles….
Donc, nous sortons quelque part, du côté de Washington ou de Bagdad. Nous sommes vendredi soir. Il fait nuit noire et pas de lune. Par contre un ciel étoilé comme jamais. J’avais oublié ô combien c’est noir une nuit africaine….
Nous devons marcher quelques centaines de mètre sur la piste puis nous nous retrouvons sur la route goudronnée, la seule de la ville. Tout au long : des étals. Une planche et un toit. Certains encore animés. Au début, nous ne voyons pas les gens que nous croisons. Il faut faire attention où l’on pose les pieds, à cause de l’eau des pluies.
Sur la route : un peu plus de lumière. Parfois une flamme de lampe à pétrole, parfois une ampoule alimentée par un groupe électrogène. Parfois deux. Mais pas d’électricité urbaine, c’est assez clair. Du moins si l’on peut dire. Il est vingt heures trente. Il fait beaucoup plus calme qu’en journée. Quasiment plus de voiture. Parfois quelques motos. Quelques lueurs en plus donc. Quelques piétons aussi. Il faut donc maintenant prendre garde aux nids de poule, aux énormes rigoles le long des routes, aux gens et aux rares véhicules que l’on croise. Eviter le frontal… Tout ça en écoutant Henry. Comme je pensais que nous partirions en voiture, je n’ai pas pris ma lampe de poche. Pas le temps de revenir en arrière.
Qu’est ce qu’il en a vu cet homme… On l’écouterait des jours entiers. Il parle en ce moment des masques pendés. Et comme j’aime les masques…
Concernant les bruits, nous percevons des conversations et des musiques provenant des quelques radios dont le volume semble souvent coincé sur maximum. Mais comme nous marchons maintenant d’un pas rapide…
Parfois aussi on salue Henry. « Hé, D’jaman ! Tu es revenu ! ».
D’jaman, c’est son surnom. Contraction de Jamaïcan man, je crois. Il a, dans le passé, entre autres activités, fait de la musique ou quelque chose du genre. Depuis on l’appelle D’jaman.
A un moment même, il se joint à quelques jeunes et danse avec eux quelques pas de saga. Quel boute-en-train cet Henry ! Quelques pas plus loin, nous arrivons au but : Washington. Je réalise alors que c’est une discothèque. C’est d’ailleurs indiqué en lettres lumineuses et clignotantes. A l’intérieur, des néons bleu et des néons rouge.
-C’est donc un dancing, Henry ?
- Ben oui. C’est le Washington et le Bagdad est plus loin. On va interrompre notre conversation, tu comprendras pourquoi. Entrons.
J’ai bien compris pourquoi, oui. Dans la cour intérieur, une piste de danse, quelques tables, pas mal de jeunes et tout autant de haut-parleurs. Des panneaux jaunes avec une inscription rouge : Scholl. C’est la bière du pays. A consommer sans modération. Le son aussi est sans modération. Nous communiquons par signe et commandons une scholl. Faut payer d’avance : 650 FC. Environs un dollar. Une bouteille d’un litre. Décapsulée sous nos yeux. Bière blonde. Et deux verres. Chaque fois que nous buvons une gorgée, une serveuse bien sympathique nous remplit le verre. Une autre nous propose des arachides. Cuites à l’eau. Différent des cacahuètes mais pas mauvais du tout. Entre nos gorgées et nos pelures d’arachides, nous observons les jeunes danseurs sur la piste. Tous face à un miroir. Parfois on danse seul, avec son reflet dans le miroir. Parfois à trois ; un garçon, deux filles. Bref, l’humeur est au rendez-vous. Tout le monde se détend, se dandine. Fille ou gsm dernier cri au cou. C’est vendredi. De toute façon, c’est tous les jours comme ça. C’est fou. Plusieurs lampes au plafond, de toutes les couleurs. Un lazer. C’est vendredi soir à Kikwit. Le contraste.
Lorsque nous rentrons, quelques gorgées plus tard et les tympans remis en question, nous poursuivons notre conversation. Nous replongeons dans la nuit, en direction de Nzo Gemba, la résidence. Sur la piste, nos pas sont un peu hésitants. Eviter les flaques. Je me souviens finalement qu’il y a une lampe sur le Sony. Je l’active pour nous guider. Le problème c’est qu’après 5 secondes d’éclairage, le flash de ce superbe appareil s’active. Et le flash ça éblouit.
Sourds et aveugles maintenant. Nos pas sont hésitants. Je ne sais pas si on nous voit. Mais si c’est le cas, on doit avoir l’air fins. Deux bonnes poires dans le noir. Dire que d’autres, ici et là, vivent ça en permanence. Il y a des trous et des pierres. Nous sommes à deux cent mètres de la résidence. Je me souviens, peut être un peu tard, de l’écran lumineux de mon téléphone portable. Pas mal pour éclairer. Aurai du y penser plus tôt. Le ciel est superbe. Plein d’étoiles dedans. Fixes. Autour de nous, d’autres étoiles mobiles. Et clignotantes. Ce sont des lucioles. On se croirait chez Disney. Tandis que je m’esbaudis dans le silence, j’entends un bruit sourd. Henry ne parle plus. Après avoir dansé, il a valsé. Par terre. Tout son mètre septante. Bardaf. Sans prévenir. A cause d’une pierre.
-Rien de cassé? lui dis-je en l’aidant à se relever. Je rallume mon écran, penaud.
-Non, non, ça va ! me répond-t-il. Et le voilà en train de me relater quelques chutes passées qui étaient bien moins drôles. En moto.
Les pierres, dangereux ça ! Pourtant, parfois on construit des églises dessus, parfois elles nous renversent. C’est l’embardée.
Bon j’arrête mes âneries. Je passe aux toilettes. La Scholl, ça désaltère. Puis vais me coucher. Tout seul, dans mon lit, je ris. C’est nerveux.

La discothèque de Kikwit

Un peu de musique...
19:32
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24.11.2006
Questions santé
JOUR 17. MARDI 21/11.
Au programme : visite des centres de santé où l’on reçoit des drépanocytaires. Sur les 12 dispensaires, il est prévu d’en visiter 5. Nestor doit venir me chercher à 9h. Mais comme il n’a pas de véhicule, il m’a rappelé, la veille, de « faire le message à Henry » pour qu’il détache un chauffeur. La dernière fois, Henry avait oublié… Et Henry n’aime pas les imprévus…
Nestor arrive à 9h30 et Henry demande que son véhicule soit ramené à 10h30 car il doit aller enterrer un de ses collaborateurs. Robert avait la cinquantaine. Il coordonnait le site Misereor 3, atelier avec handicapés moteurs. Je l’avais croisé mercredi lors du tour de reconnaissance. Cet animateur paroissial est mort dimanche d’une pneumonie aiguë. Est rentré à l’hôpital la veille. Beaucoup trop tard. Henry a demandé à l’école technique de fabriquer un cercueil. Faut vite l’enterrer ; l’état du corps est pas terrible. Henry fera une messe, soutiendra la famille puis chacun poursuivra ses occupations.
Retour au centre de santé que je dois visiter. C’est le plus lointain ; à six kilomètres dans le quartier de Kazamba. En bordure de la ville. Pas loin d’un cimetière et d’une stèle en mémoire des victimes de l’épidémie d’Ebola. Nous ferons le dernier kilomètre à pied car le véhicule n’entre pas sur l’espèce de piste.
Bon accueil, dans ce centre de Ngonga 2 mais la responsable n’est pas là. C’est un dispensaire privé. Tout le monde y est bénévole et le personnel travaille ailleurs pour survivre. La maman responsable est infirmière à l’hôpital et en service. Pour cela qu’elle n’est pas là. On a souvent plusieurs boulots ici. Dans ce centre, 37 enfants y sont soignés. Quelques uns sont là et d’autres sont en cours. Quelques pièces, quelques lits, quelques médicaments et un microscope. Il semble être en fonction. Le dénuement est énorme. Dans ce coin très reculé de la ville, on voit peu de mundele. Les précédents mundele se sont limités à l’Hôpital général que je visiterai bientôt… On ne peut être partout de toute façon.
Je m’interroge beaucoup ce matin sur la pertinence de ma visite et sur les espoirs de ces gens que je ne suis vraiment pas sûr de pouvoir combler. J’essaye de le faire comprendre. Je compose et ose un peu d’humour. Laisse sortir des paroles d’encouragement. Qui touchent. Un des gros problèmes de tout ce personnel soignant, c’est la motivation. Ils en ont marre. Manifestement, le fait de recevoir un mundele détaché par Henry (qui –fort occupé- n’a pas encore eu le temps de passer dans ce centre) les réconforte. C’est déjà ça….
Après avoir changé de véhicule (le tout terrain s’avèrera utile) nous allons à l’autre bout de la ville pour visiter deux autres centres. Ils profiteront de l’occasion pour faire rapport des dépistages de septembre et octobre. Je transmettrai à Henry.
Il commence à pleuvoir. Normal, c’est la saison. On vient m’accueillir à la sortie du véhicule, avec un parapluie. Je dis : « Pas besoin ». Ils insistent. Nous entrons. Présentation. Réconfort. Rapport. Difficile d’entendre tout car la pluie fait beaucoup de bruit sur le toit de tôles.
Peut être que cet après midi je visiterai l’hôpital général de Kikwit.
On trouve ici un nombre incroyable de petites cabanes-pharmacies. De nombreux dispensaires (parfois quatre murs, un toit et une inscription, parfois plus). Certains sont privés. D’autres dépendent de l’hôpital général. Pour les urgences. Les accouchements parfois.
Il y a ainsi une grande décentralisation qui pose question. A quand le risque de dispersion des énergies et des moyens ?
D’un autre côté, Kikwit, en nombre d’habitants, représente la moitié de Bruxelles. Un seul hôpital ne suffirait donc pas.
Il y a quelques mois, Maman Gisèle (Gisèle Mandeila, notre secrétaire d’état aux familles et aux personnes handicapées, originaire de la région et mandataire MR) était venue à Kikwit avec beaucoup d’autres mamans de la diaspora. Visite protocolaire. Aux frais de l’état. On avait promis « quelque chose ». Parfois on me demande si j’ai des nouvelles. Je dis que je ne connais pas Maman Mandeila. J’irai la voir quand je rentre. J’irai lui rappeler vos questions. C’est au moins ça…


Le laboratoire...

Les enfants malades (anémie SS) accueillis au centre. Les moins jeunes parviennent à aller à l'école...et à manger parfois...
18:53
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23.11.2006
Transports (suite) .Mer.
Mer.
Lorsque l’on n'est pas pressé. Pour les marchandises c’est intéressant, surtout que les voies d’eau sont nombreuses. Pour les longs trajets, ce sont des baleinières, sortes de bacs fermés pouvant contenir pas mal de chargement.
Lorsqu’on parvient à produire de l’huile de palme (manuellement car plus d’usines), on le place en fûts plastique que l’on lie l’un à l’autre pour constituer un radeau. On peut en lier une centaine. Il arrive même qu’ensuite les personnes montent sur le radeau de fortune pour atteindre Kinshasa. Il n’est pas rare de perdre en cours de route quelques fûts. Et quelques personnes. Le voyage Djuma – Kinshasa par le fleuve demande environs deux semaines.
Plus modeste, pour traverser le fleuve, rien de tel aussi qu’une bonne veille pirogue. Paysages et images magnifiques en perspective.
Il y a aussi les transports engendrés par le chanvre et autres, mais cela fera l’objet d’un autre chapitre.


11:35
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21.11.2006
Transports. Ciel.

Ciel
L’idéal est encore à ce jour l’avion. Il y a pas mal de liaisons entre Kikwit et Kinshasa. Entre d’autres villes aussi. Même les avions dans ce pays sont différents. Quand ils ne sont pas en panne. A l’arrivée, nous avons voyagé dans une boîte volante, sorte de croisement entre un hélicoptère et un bimoteur amphibie. On s’y entasse à vingt environs. C’est assez rapide (moins d’une demi-journée), ça fait beaucoup de bruit et ça porte des noms russes. Juste avant notre arrivée à Kikwit, un autre avion était « sorti » de la piste de l’aérodrome. En cause : roue perdue. Malgré cela, la vie continue.

L'intérieur. La boîte volante.
18:53
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Les transports. Terre.
Terre
Un des gros défis en RDC, c’est le transport des marchandises et des personnes. Il y a le trafic dans les villes et le trafic entre les villes. Rien de comparable avec la Belgique. Evidemment.
Dans les villes, les voitures ont souvent une longue histoire. On peut s’y entasser à 7.
Il y a les voitures simples, bosselées et les voitures tous terrains, appartenant aux missions, aux ONG, aux dispensaires ou aux forces armées. Parfois aussi des camions.
Il y a des routes en bitume, entières et avec quelques trous. Et puis il y a le reste. Bords de chaussées affaissées, routes recouvertes par les terres (à cause des pluies ; c’est la saison).
D’autres n’ont de route que le nom ; sorte de pistes souvent impraticables par pluies.
Quelques bicyclettes aussi, des piétons, beaucoup de piétons. A gauche, à droite et parfois au milieu. Des animaux parfois aussi. Donc, des klaxons à tout moment. Des véhicules en panne ou embourbés ou avec roue cassée.
A Kinshasa, avec les marchands ambulants sur les bords, les embouteillages sont fréquents. A Kikwit, ça va.
Entre les villes, c’est l’aventure. Par exemple, la route Kinshasa-Kikwit est difficilement praticable. Il y a des chantiers de réparation. Géré par des chinois. Parfois la Coopération Technique Belge intervient sur des projets de réhabilitation de voiries (entre autre) ou de bâtiments ; A Kikwit, il y a deux antennes de la CTB. Je serai amené à les rencontrer.
Entre les villes, les routes sont rares, mais les véhicules aussi. Souvent, ce sont les véhicules qui voyagent d’une mission ou communauté religieuse à une autre. Pour les marchands par exemple : rien.
De Kikwit à Djuma, soit durant 5 heures de route, nous n’avons croisé aucune voiture. Souvent il valait mieux : nous roulions dans une sorte de tranchée à peine plus large que la voiture et plus haute que le toit. Parfois nous croisons un cantonnier ou des villageois qui réparent ou remuent un peu de terre et surtout placent un barrage (branche ou corde) et sollicitent une contribution.
Sur cette même route, il y a peu de temps, le véhicule des religieuses a cassé sa direction. Résultat, une fonction supplémentaire pour le véhicule : le mobilhome, jusqu’à ce qu’on vienne réparer le lendemain.
Dans notre véhicule, sur la douzaine, j’étais le seul mundele. Enfin... Il y en avait un autre… aussi blanc que moi ; son nom : goret (à droite sur la photo). Il a été très calme pendant le voyage. Nous avons fait connaissance. Plus tard, il fera (de) lard.
Mercredi, je me rendrai en reconnaissance à Lussanga, à quelques quarante kilomètres de là. Il paraît qu’il y a des bus. J’ai hâte de découvrir cela.


18:42
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Hep, taxi !
Jour 16. Lundi 20/11
Départ vers 8h en voiture avec Henry pour l’IFAC. Là où l’on forme, en deux ans, les animateurs paroissiaux. Henry me dépose ; il a un autre rendez-vous, chez les aveugles, à côté. Je dois rencontrer le coordinateur des animateurs paroissiaux et puis rentrer par mes propres moyens. Prendre un taxi.
-Ca ressemble à quoi un taxi, Henry ?
-Toutes les voitures sont taxi, ici. Fais un signe de la main, vers le bas. C’est 150 ou 200 francs congolais.
-Ah bon !
Je rencontre le directeur de l’institut qui a dit que normalement mon interlocuteur, son second, est là. Toujours le même schéma. Entrée dans le bureau. « Mettez-vous ». « Merci ». Je me présente. Il se présente. Téléphone à mon contact. Fermé. Tour des bâtiments pour le trouver. Puis, au passage, chercher la bonne pièce pour fixer l’antenne parabolique. Puis chercher la clef du véhicule pour me conduire ailleurs pour trouver mon contact, chez lui. Deux rues plus loin. Finalement je l’ai trouvé. En plein quartier résidentiel, on me regarde assez incrédule.
-Mon interlocuteur, coordinateur : Entrez monsieur, bienvenue…Mettez-vous. Voici ma femme.
-Moi : Merci, c’est gentil. Enchanté.
Je me présente. Il se présente. Sa femme place un verre devant moi. Quelqu’un est parti chercher une scholl (bière brassée au pays). Il est 9h00. J’accepte. Poliment. Echanges puis objet de ma visite. Il s’agit en fait de préparer une réunion avec les animateurs de différents cercles qui relayeront les informations concernant la drépanocytose dans les différents foyers des environs. En plus de l’activité spirituelle, ces animateurs paroissiaux, véritables relais, participent activement à la vie collective ; éduction, restauration de routes, entraide, etc… Ils sont efficaces et pas loin de 200 animateurs pour toute la province du Bandundu. Chaque animateur reçoit, ainsi que le conjoint, une formation de deux ans et son salaire est pris en charge par le diocèse.
-Le coordinateur : C’est assez rare de voir un blanc qui vient travailler avec nous en ces temps instables… C’est gentil à vous…
-Moi : Oh ben… La bière arrive. Bien fraîche.
Après quelques instants, je prends congé. La suite du programme m’attend. Je fais quelques mètres pour aller sur la route principale. La seule asphaltée. J’ai à peine mis un pas dessus qu’une voiture s’arrête. Une vieille peugeot. Assez cabossée. Pare brise éclaté et rafistolé avec papier collant. Trois personnes derrière et une personne devant, en plus du chauffeur.
-Moi : Euh.. Taxi ?
- Lui : Oui papa, montes !
-Moi : Ah. Merci ! Je vais à la cathédrale !
Tout le monde rigole, je fais un peu d’humour. (Tu parles ! Un blanc sans voiture !) C’est parti !
Je monde devant sur le siège convoyeur. Déjà une maman dessus. Bien en forme, la maman. Elle se serre. Un peu. Je parviens à poser une fesse, à fermer la portière. La voiture démarre. Pourvu que la portière ne s’ouvre pas.
- La maman : c’est 200 francs.
-Moi : Ah, le taxi, deux cent ? Tenez, brave maman.
Elle commence à me raconter sa vie. Ses achats, ses difficultés, etc…
Me tourne vers les passagers arrière. Suis déjà à moitié tourné en fait.
A l’arrière, un couple qui conduit son gosse à l’hôpital général. Pas trop bien le petit. Mal au ventre le petit. Drépano le petit ? On sait pas. Encouragements, salutations. Ils descendent.
Plus loin le taxi m’arrête. Moi, avec le pare-brise, je ne vois rien. Faisons confiance.
- Le chauffeur : On est arrivé.
-Moi : Ok . Merci papa. Au revoir.
- Le chauffeur : Eh. Tu me payes pas ?
-Moi : Mais je viens de donner deux cent là.
-Le chauffeur : Ah mais c’était pour maman, ça.
-Moi : Ah, elle est bonne. Je viens de payer là. Un taxi, c’est le prix. J’ai payé le tarif.
La maman lui donne les deux cent. Ok, Ok.
-Eux : Bonne année.
-Moi : Oui, bonne journée !
18:32
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La drépanocytose
La drépanocytose est une maladie génétique et héréditaire du sang.
Elle est transmise par le père et la mère. Pour qu’un enfant soit drépanocytaire, il faut que les deux parents lui transmettent le gène anormal responsable de la maladie et qui provoque de lourds handicaps (le gène de l’hémoglobine S).
Si l’on dispose du statut AA : pas de risques. Si l’on dispose du statut A/S (que l’on décèle par un test simple : le test d’Emmel), nous ne sommes pas malades mais porteurs.
Si deux porteurs conçoivent un enfant, celui-ci sera soit AA, AS ou SS. L’enfant aura un risque sur quatre d’être drépanocytaire.
Symptômes
Les premiers signes de la maladie peuvent se manifester à partir de l’âge de six mois.
Ces signes se manifestent par des gonflements des pieds et des mains de l’enfant.
Ensuite l’enfant peut présenter des déformations osseuses et crâniennes et souvent, les muqueuses (œil) jaunissent..
Surviennent ensuite des douleurs qui prennent différent stades et qui résultent en fait d’une déformation des globules rouges (par l’hémoglobine S) qui bouchent les vaisseaux et empêchent une bonne circulation/oxygénation. L’anémie et les infections guettent.
L immunité est affaiblie et l’organisme devient ainsi plus sensible à toute sorte de maux : crises vaso-occlusives, paludisme, déformations osseuses, retards de croissance, avc, etc…
La drépanocytose ou anémie SS ou encore Sicklanémie ne se guérit pas. Elle peut être traitée ou mieux, évitée.
Traitement
A domicile :
Plusieurs mesures peuvent ménager les douleurs et diminuer les risques de crises (espaces aérés, températures stables, hydratation fréquente, alimentation saine et variée, efforts physiques proscrits,...).
Médical :
Il y a également le traitement médicamenteux, fort coûteux. Des transfusions sont nécessaires dans certains cas.
Un traitement adapté, s’il reste onéreux, permet toutefois une vie sociale et une scolarité de l’enfant. L’accompagnement psychologique et le soutien moral sont également primordiaux.
Extrait du rapport du Dr Jean Fidèle Jonas Kaluila Mamba, Août 2005.
« La drépanocytose est présente à Kikwit et dans les environs et le nombre des malades n’est pas connu comme dans le reste du pays. On dénombre plusieurs drépanocytaires dans cette ville dont la plupart ne bénéficient d’aucune prise en charge sérieuse, se contentant de la médecine traditionnelle. La maladie est largement ignorée de tous et à tous les niveaux. Les quelques centres et hôpitaux qui s’y intéressent ont un grand besoin d’actualiser les connaissances des professionnels de santé concernés par cette maladie. Les dispensaires, centres de santé et hôpitaux sont démunis en tout.
En Europe et en Amérique, moins de 10 % seulement d’enfants drépanocytaires meurent avant l’âge de 5 ans. En RDC, c’est l’inverse qui se passe car la prise en charge des malades ne recoure pas encore systématiquement à des thérapeutiques qui ont fait leur preuve dans ces pays, à savoir l’administration de l’Hydréa (hydroxyurée) et les vaccins spéciaux (vaccin anti-pneumococcique polyvalent, vaccin anti hémophilus infuenzae, vaccin anti-hépatite B) qui ne font pas partie des antigènes retenus par le PEV. Ces vaccins spéciaux et l’hydroxyurée protègent efficacement les malades drépanocytaires qui peuvent passer plusieurs mois, voire des années sans faire des crises ni avoir besoin des transfusions. Associés à la pénicillino-thérapie par voie orale, ils permettent de réduire significativement le niveau très élevé des frais médicaux annuels nécessaires pour assurer à un malade drépanocytaire des soins et un suivi médical qui coûtent en moyenne 800$ US par an. Le malade drépanocytaire qui bénéficie d’un tel programme est moins ou presque pas malade, gagne en termes de confort et d’amélioration des conditions de vie quotidienne. Il ne va plus à l’hôpital que pour les contrôles de routine et peut avoir une année scolaire quasi-normale. ».
Les meilleures armes pour lutter contre ce fléau qui engendre de lourds handicaps restent l’information et la prévention.
Ici, en RDC, à l’instar des campagnes anti-sida et anti-paludisme, il n’existe aucun programme/plan de lutte officiel contre ce problème ; la drépanocytose. Aucun recensement des malades, aucune statistique fiable.
La situation sanitaire n’aide évidemment pas le traitement à apporter aux malades.
Un couple de porteurs peut avoir deux enfants « normaux » puis soudainement, un troisième enfant « malade ». En conséquence, dans le contexte culturel et social actuel (régime matrilinéaire, mariages au sein d’une même famille), les querelles conjugales -débouchant souvent sur l’abandon de l’enfant- augmentent les maux. Ici aussi des solutions existent et passent par l’information.
Des moyens sont nécessaires pour informer la population et les autorités afin que
- le profil, les signes et l’origine de la maladie soient intégrés,
- qu’un dépistage massif débouche sur un recensement des malades et des porteurs,
- que les mesures urgentes, une fois le diagnostic posé, soient prises (=soins en centre de santé),
- Les porteurs dépistés puissent, de manière responsable, éviter la transmission du gène S.
Le déroulement du travail sera donc :
- 1.Recenser (sensibilisation d’abord et dépistage ensuite)
- 2.Contenir (traitement adéquat des malades qui réduit les crises et la mortalité)
- 3.Eradiquer (en poursuivant la sensibilisation et la responsabilisation).
Nous reviendrons plus tard sur les acteurs de cette action à Kikwit.
18:28
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18.11.2006
Nage synchronisée
Jour 11. Mercredi 15/11.
Ce matin, on vient me chercher pour faire le tour des différents groupes accueillant les personnes présentant un handicap. Les sourds. Les handicapés physiques. Les aveugles. Ensuite je passerai également à L’OMS pour un premier contact de formalités. Tout roule bien. Les handicapés sont pris en charge et scolarisés (général ou technique) par la coordination diocésaine des handicapés de Kikwit, la CDHK. Henry en est la cheville ouvrière. Il sollicite depuis longtemps, avec succès et qualité, divers financements en Europe. J’y reviendrai en détail. Certains projets sont bien avancés, d’autres en sont à leur début. C’est le cas de l’association pour la prévention et la lutte contre la drépanocytose de Kikwit, l’ APLCDK. Cette association regroupe des parents de drépanocytaires et des malades. J’y reviendrai aussi.
Je dois être présenté au maire à 11H30. Mais il est absent à notre arrivée. La Monuc est venue le chercher. Avec la proclamation avancée des résultats de l’élection présidentielle, c’est un peu le branle-bas. Mais pas de combat.
Repas à Midi. Puis pause pour enfin résorber mon retard d’écriture. Jusqu’à 15h. J’ai rendez-vous avec le centre de santé où sont traités les drépanocytaires. Henry, qui m’a briefé, me dépose puis me laisse. Accueil surréaliste. Touchant. Suis accueilli comme un président. Bouquet de fleur, beau costume, photos, etc…
On me présente des enfants drépanocytaires bien sapés et avec des paillettes sur le visage.
Visite des malades et des bâtiments.
Sur les murs du bureau, une photo du Ministre de Gught , de la secrétaire d’état Mandeila lors de leur dernière visite ici cette année…. et puis bientôt la mienne, probablement. Les congolais peuvent être assez formels et protocolaires parfois. J’essaye de m’adapter. Sans broncher.
Après les courtoisies, réunion de travail. C’est parti mon kiki ! L’immersion se mue en crawl.
Jour 12. Jeudi 16/11.
Le matin l’infatigable Henry m’emmène en repérage en ville, pour les prises de vues.
Nous devons encore passer à la DGM (sécurité des transports) pour déclarer ma présence (une semaine qu’on est arrivé à Kikwit) mais le chef n’est pas encore là. Les sous-chefs et sous sous-chefs et sous-sous-sous chefs, sentinelles, secrétaires et tout ça, eux, sont là. La DGM a collé une amende à Henry car il a toujours un souci de passeports. Toujours un prétexte. Même pour Henry, un vieux de la vieille ! Pas content Henry. Et il le fait savoir.
Passant près de la mairie, il m’emmène rencontrer le maire.
On en profite pour régler les formalités. J’aurai un « laisser-filmer » appelé « autorisation de circulation » signée du maire et droit à un accompagnement policier. Je peux donc tout filmer et photographier dans la ville, aux fins du travail qui m’est confié. Ajouté au document de prise en charge de l’ordre de malte, suis tout à fait sécurisé. La Monuc et l’Eufor sont là aussi bien sûr. Ici aussi à Kikwit. On apprend d’ailleurs que c’est ville morte à Kin. Ici ça piaille toujours aussi bien. Paisible.
Retour et repas. Pas de sieste, j’ai du boulot.
A 15h ai rendez-vous avec le médecin et le responsable du centre de soins et de dépistage drépano SS, mes principaux partenaires pour les jours qui restent. Henry m’a briefé. A moi de me débrouiller. Me demande s’il me surestime pas un peu, l’ami Henry. Bon, j’espère donc ne pas décevoir les attentes et être productif. Mes partenaires arrivent à 15h40. Nous travaillons une bonne heure. Pas facile de tout bien comprendre mais bon travail. Je crois.
Ce vendredi, émissions radio, en kikongo (la langue d’ici), au cours de laquelle des enfants drépanocytaires seront interviewés. Histoire de faire connaître à la population les symptômes et les moyens d’éviter le mal. Je serai aussi présenté et le retour d’Henry sera aussi annoncé.
Samedi, je serai présenté aux autorités médicales de la ville. C’est la grande campagne de sensibilisation qui se poursuit. On met le paquet. En janvier, le dépistage et le recensement des malades et porteurs du gène S devraient avoir lieu. Vais peut être créer un blog sur la drépano et sur l’association.
Nouveau ce travail. J‘aime bien ce travail.
18:35
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guidé dans Djuma

A la fin de ma visite du centre avec Caroline. Avec les vêtements prêtés par le père Gérard ( car je n'avais pris que peu de rechange, vu que je devais y rester 48h).
18:32
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Jour 8. Dimanche 12 novembre. A Djuma toujours.
Chacun vaquant à ses activités, il ne me reste qu’à flâner.
Je me hasarde donc dans le centre de Djuma, que l’on appelle « la cité ».
Suis la curiosité locale, une fois encore. Mundele par-ci, Mboté par là.
-Eux : Bonjour !
-Moi : Bonjour, ça va ?
-Eux : Ca va bien !
Idem, dix ou vingt fois, toujours de la même façon.
-Elle, jeune maman assise sur le bord du sentier : Vous venez d’où ?
-Moi : En Afrique ou en Belgique ?
-Elle : Quel pays ?
-Moi : Je viens de Belgique.
-Elle : Vous voulez nous donner quelque chose ?
-Moi : Au moins c’est franc ! Malheureusement, je n’ai pas grand-chose.
-Elle : Comment ça ?
-Moi, un peu déconcerté : Oui, je suis un Mundele pauvre.
-Elle : Ah ! Ca n’existe pas, ça ! Ce n’est pas gentil, Mundele !
-Un autre : Bonjour !
-Moi, maladroit, alors que beaucoup sont sans emploi : Bonjour ! Tu fais quoi ?
-Lui : Je travaille pour la CEI (Ndlr : Commission Electorale Indépendante). Ils m’ont donné quelques dollars mais ce n’est pas assez.
Il porte un T-shirt « CEI ». Les élections sont passées depuis 15 jours. En RDC, beaucoup portent d’ailleurs des t-shirts ou chemises imprimées tantôt avec des photos de personnalités politiques tantôt avec des figures religieuses.
-Lui : Je peux avoir votre email ? Je suis de Bundundu.
-Moi : Oui, voici !
-Elle, relance : Qu’est ce que vous venez faire ? Vous ne dites même pas votre nom et vous ne demandez pas le nôtre !
Ils sont maintenant +/- 20 autour de moi.
-Moi : Euh…Oui. J’allais le faire. Je m’appelle Jean-François. Je viens de Kikwit où je vais travailler avec les handicapés de Kikwit. Je viens aider les pères jésuites. Et vous ? Comment vous appelez-vous ?
Enumération des prénoms. Pendant ce temps, les plus petits font des singeries derrière mon dos. J’écoute patiemment et je parle sans me démonter.
-Une autre : Je m’appelle Caroline Mumvemba. Je travaille à l’école maternelle de maman Edmée. Je voudrais étudier à Kinshasa. Je suis orpheline de mère. Mon père habite le village.
Elle porte un bébé dans les bras, le fils de sa sœur. Elle doit avoir 20 ans et porte une jolie robe bleue.
-Plusieurs me questionnent : Vous allez travailler à Djuma ? Vous faites du tourisme ? C’est bien de venir visiter le Congo. Bienvenue chez nous…
-Moi : Merci.
-Elle, qui ne lâche pas prise : Monsieur ce n’est pas bien. Vous devez faire quelque chose !
-Moi : On ne peut pas vraiment dire que je fais du tourisme. Vous croyez que si c’était le cas et si j’avais de l’argent je serai ici, sans ma femme ?
Un doute s’installe dans chez mon interlocutrice. Elle réfléchit. J’ai un peu plus d’assurance. J’explique encore une fois ce que je suis venu faire au et pour le pays.
-Caroline, qui au départ se moquait : Vous êtes ici combien de temps ?
-Moi : Un mois.
-Eux : Quoi ? Seulement ? Vous allez revenir ?
-Moi : Euh.. ; Oui...Je ne sais pas. Si c’est possible. Vous savez, c’est assez cher pour moi de venir ici. J’ai du économiser. Mais je peux aussi vous aider à partir de la Belgique. Je vais essayer de contacter des gens, de témoigner auprès des mundelés de là-bas. Mais attention, je ne peux rien promettre !
-Elle : Et vous ne parlez pas le Kikongo !
-Moi : Ben non.
-Eux, après un temps : Ah, c’est bien !
-Moi : Bon, je vais continuer ma promenade…. Courage… Merci.
Ils sont de plus en plus nombreux. Je cherche mes mots. J’avance sur le sentier. Quelques-uns, les plus petits, me suivent. Caroline aussi. Nous marchons une vingtaine de minutes dans le centre. Je lui pose des questions, m’intéresse. Elle me présente la flore. Me demande si nous avons la même en Belgique. Je dis bonjour à ceux que je croise. Si je faisais pareil en Belgique, on trouverait ça suspect. Parfois elle me dit « Il n’entend pas ». Certains villageois ne sont pas scolarisés et ne parlent pas le français. Caroline me parle d’elle. De son père. De sa mère morte. De ses frères et sœurs. Elle a fait la pédagogie et voudrait étudier à Kinshasa.
Après quelques temps, je lui dis que je vais rentrer. Je lui demande si elle habite dans le coin. Elle me dit que oui et comme je l’espérais, m’invite chez elle. Elle me présente son père. Je me présente. Parle de ma fiancée restée au pays. Afin qu’il n’y ait pas de malentendus. Elle m’offre une chaise. Peut être la seule. Je suis assis devant la toute petite maison en poto-poto et toit de paille. Ils sont à nouveau 20 devant moi. Nous discutons. Je parviens à faire un peu d’humour. A un moment je suis à court. Je ne peux pas, évidemment, leur demander s’ils vont au ciné ou ce genre de chose qui peut « combler les blancs » (excuser le jeu de mot).
La jeune maman qui m’interpellait est là aussi. Elle me relance. Parle en Kikongo. Je lui répète patiemment mes intentions.
-Tu me crois maintenant ? Lui dis-je.
-Oui.
Sur le chemin du retour, Caroline m’explique que le mari de cette maman est policier. Il travaille pour l’état. Ceci explique-t-il cela ? On appelle ça un préjugé.
Au passage d’autres villageois la questionnent.
-C’est mon Oncle, dit-elle. Elle a emporté son sac à main. Elle en sort deux œufs de canard qu’elle veut m’offrir en cadeau.
Je lui dit qu’elle m’a déjà fait cadeau : son temps et sa gentillesse.
Je lui demande si je peux la photographier devant sa maison si cela lui ferait plaisir.
-Non ! dit-elle. Pas ici. A la mission.
Arrivé à la mission je luis fais à mon tour un cadeau. Plus tard, je lui enverrai la photo.
Le lendemain je la croise, elle souffre de migraine. Je lui donne quelques aspirines de ma boîte à pharmacie.
Ce type d’échange typique, j’en aurai souvent ici, durant mon séjour. Je deviens chaque jour un peu plus « à l’aise » face aux sollicitations. Avec dialogue et patience, on parvient un peu à avancer.
Dorénavant j’ai mis au point ma petite technique de déplacement seul en ville ; ne pas aller trop vite pour paraître suspect, ne pas paraître trop touriste et ne pas trop s’arrêter ou parler en marchant pour éviter les attroupements. Vitesse calculée : 1 pas/seconde. Essayez, c’est assez drôle.
18:24
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Future(s) infirmière(s)

Des étudiants de L'ITM à Djuma. Soins Infirmiers, seconde année. Il en existe de nombreux à Kikwit.
Un clin d'oeil à ma future infirmière adorée...
18:20
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